Le taux d'inoccupation des logements locatifs a diminué de 0,5 % à Montréal entre 2010 et 2012 (2,7 % à 2,2 %), mais la majorité des locataires réussissent à se trouver un logement. La saison des déménagements se déroule donc sans grand heurt sur l'île de Montréal sauf pour quelques ménages à revenus modestes qui peinent à trouver un nouveau toit.
La situation s'est améliorée depuis 2001-2002 alors que des centaines de familles se retrouvaient à la rue le premier juillet. Le service d'aide au logement de la Ville de Montréal n'accompagne qu' une douzaine de familles à la recherche d'un logement soit moitié moins que d'habitude. Certains types de logements demeurent toutefois rares et peu abordables pour les familles à faibles revenus. C'est le cas notamment des grands logements.
L'Office municipal d'habitation de Montréal souligne que l'écart entre les augmentations de loyer des dernières années et le revenu des familles nombreuses montréalaises s'agrandit. Ces familles finissent par consacrer une trop grande partie de leurs revenus au logement ou elles s'entassent dans des logements exigus ou insalubres.
La popularité des condos combinée aux faibles taux d'intérêt incite plusieurs locataires à acheter une propriété, mais ils sont remplacés par de nouveaux arrivants à la recherche d'un logement à louer.
Le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) s'inquiète de cette tendance et juge la situation préoccupante à Montréal. Il estime que la situation pourrait s'aggraver en raison de la diminution de la construction de logements locatifs.
En 2011, seulement 7161 logements locatifs ont été mis en chantier au Québec, ce qui représente une diminution de 31 % par rapport à 2007, selon le FRAPRU. Or, la situation semble s'aggraver en 2012 puisque seulement 888 logements ont été mis en chantier depuis le début de l'année comparativement à 1678 à la même période l'an dernier.
« C'est sur l'île de Montréal où la situation est la plus catastrophique, 454 logements locatifs ayant été mis en chantier en 2011 », peut-on lire sur le site du FRAPRU. « Or, au 31 mai 2012, ce nombre n'était que de 183 logements contre 407 l'an dernier. Pendant ce temps, la construction d'unités de condominiums continue à progresser passant de 1978 à 2300. »
D'après un reportage de Francine Plourde


