Des djihadistes que le présumé terroriste Mohamed Merah aurait rencontrés dans un camp d'entraînement lui auraient suggéré d'attaquer le Canada. C'est ce que révèlent des extraits de l'enregistrement d'une conversation entre l'accusé et les autorités françaises diffusés durant l'émission Sept à huit sur la chaîne TF1 dimanche soir.
Les responsables de l'émission ont indiqué qu'il s'agissait d'une conversation survenue lors du siège de l'appartement de Mohamed Merah, à Toulouse, qui s'est terminé par une fusillade ayant causé la mort du suspect.
Dans un extrait mis en ligne, Mohamed Merah décrit ses voyages au Pakistan et en Afghanistan. S'exprimant en français, il affirme que des agents d'Al-Qaïda lui ont « proposé des attaques en Amérique, au Canada, etc. ». Il note toutefois que parce qu'il est Français, il lui serait plus simple d'attaquer la France.
Selon la police française, Mohamed Merah était un islamiste radical et avait juré allégeance à Al-Qaïda. Accusé d'avoir abattu sept personnes à Toulouse et à Montauban en mars, il s'est terré pendant 32 heures dans son appartement encerclé par la police avant de mourir sous une pluie de balles.
Les autorités françaises enquêtent sur la manière dont ces enregistrements de conversations entre Mohamed Merah et la police ont été obtenus par TF1. Le parquet de Paris a institué une enquête préliminaire pour violation potentielle des règles françaises sur la confidentialité des enquêtes.
L'avocat du frère de l'un des militaires assassinés par Mohamed Merah, Jean Tamalet, a précisé que les familles des victimes se concertaient et que plusieurs plaintes devraient être déposées.
Des agents des affaires internes de la police française se sont rendus au siège social de la société qui produit l'émission Sept à huit. La société n'a remis que les éléments diffusés aux enquêteurs. « Nous avons pris toutes les précautions pour protéger nos sources », a déclaré l'un des dirigeants de la société, Emmanuel Chain. Ce dernier a précisé qu'il ne s'agissait pas d'une perquisition, mais d'une réquisition.
TF1 a retiré les enregistrements de son site, mais ils circulaient ailleurs sur Internet. Le chef d'antenne de TF1, Harry Roselmack, a déclaré que la chaîne avait diffusé les enregistrements « parce que le devoir de tout journaliste est d'informer de façon responsable ». « Nous avons enlevé toutes les références aux meurtres, mais nous sommes conscients du choc que pourraient ressentir les familles des victimes en entendant Mohamed Merah », a-t-il ajouté.
Selon le ministère français de l'Intérieur, tous les enregistrements faits de l'affrontement entre la police et Mohamed Merah étaient protégés par les règles sur la confidentialité et n'avaient pas été rendus publics.
Radio-Canada.ca avec AFP, PC et Reuters


