Quelque 800 scientifiques, ingénieurs et technologues de l'entreprise Candu Énergie, une filiale de SNC-Lavalin (TSX:SNC), sont en grève générale depuis lundi matin.
La Société des ingénieurs professionnels et associés (SPEA) et l'employeur ne sont pas parvenus à s'entendre sur l'ancienneté et les salaires.
Le syndicat a indiqué que des piquets de grève seront installés sur différents sites au Québec, en Ontario et au Nouveau-Brunswick.
Selon le président de la SPEA, Peter White, l'un des principaux points en litige est attribuable au désir de l'entreprise de s'éloigner des normes de l'industrie nucléaire en matière de rémunération. Le syndicat indique par exemple que la compagnie offre aux employés qui ont moins de 10 ans d'expérience des salaires environ 20 % plus bas que la moyenne dans le secteur. De telles conditions salariales provoqueront le déclin de l'entreprise et le Canada risque de perdre son savoir-faire en matière de conception de réacteurs nucléaires, estime M. White.
Il y a un an, le gouvernement fédéral a vendu Énergie atomique du Canada, concepteur du réacteur Candu, à SNC-Lavalin. « Ces gens-là avaient des conditions de travail puis évidemment, quand SNC est arrivée, ils ont décidé de couper dans tout. Donc, beaucoup de ces gens ont commencé à essayer de se trouver un emploi ailleurs. Il y en a beaucoup qui sont partis. Il y en a qui continuent à chercher », fait valoir Marius Vartolomei, vice-président du syndicat.
Avant la transaction, la société d'État avait toutefois reçu des milliards de dollars d'aide gouvernementale en plus de subir d'importants dépassements de coûts pour plusieurs projets.
Les réacteurs Candu fournissent la moitié de l'électricité consommée en Ontario et comblent 16 % des besoins en électricité du Canada. De plus, ils produisent 22 000 mégawatts de puissance dans plusieurs sites à l'étranger.
Le conflit de travail ne devrait pas avoir d'impact à court terme sur la production d'électricité, sauf si des défectuosités peu communes surviennent. « Si jamais il y a des problèmes techniques plus pointus que les gens dans les centrales ne sont pas capables de réparer par eux-mêmes, ils vont nous appeler nous pour qu'on les aide à trouver une solution et, si nous ne sommes pas là, il y a des risques qu'ils n'aient pas la solution tout de suite », affirme M. Vartolomei.
Si la grève persiste, elle pourrait retarder des projets, comme la rénovation de la centrale de Darlington, à l'est de Toronto. D'autres projets en Chine, en Argentine et en Roumatie pourraient être touchés, selon le syndicat.
Radio-Canada.ca avec PC


