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    Manifestation d'Afghanes à Kaboul après l'exécution d'une femme

    Des dizaines d'Afghanes qui militent pour leurs droits ont manifesté mercredi dans les rues de Kaboul pour protester contre la récente exécution d'une jeune femme soupçonnée d'adultère, dont les images de l'assassinat ont fait le tour du monde.

    « Nous voulons la justice », ont scandé les protestataires, appelant le président afghan Hamid Karzaï et son gouvernement à agir pour la cause de femmes.

    « L'exécution d'une femme par les talibans était un crime. Le gouvernement doit tout faire pour traduire les coupables devant les tribunaux. C'est son devoir de rendre justice », a lancé une parlementaire, Shinkai Karokhail.

    L'exécution par balle de la jeune femme de 22 ans, que les autorités appellent Najiba, a été prise en vidéo. On y voit la victime écoutant stoïquement la sentence la condamnant à mort, avant qu'un homme, présenté comme son mari, ne lui tire dessus à 13 reprises, dont les quatre dernières sur son cadavre sans vie.

    Environ 150 hommes observent la scène et poussent des cris de joie. Nombre d'entre eux célèbrent l'exécution aux cris de « longue vie à l'islam » et autres « longue vie aux moudjahidines ». La grande majorité semble être issue de l'ethnie pachtoune, la plus grande du pays et celle qui fournit l'essentiel du contingent taliban. Les autorités afghanes ont d'ailleurs indiqué que les bourreaux étaient des talibans.

    De violents crimes contre des femmes sont rapportés chaque mois en Afghanistan. Selon l'organisation non gouvernementale Oxfam, 87 % des Afghanes affirment avoir subi des violences physiques, sexuelles ou psychologiques ou un mariage forcé.

    Les civils accusent le gouvernement afghan de tenir un double discours, en appuyant en théorie la cause des femmes pour « continuer à recevoir » de l'aide internationale, mais en écoutant « en pratique les demandes des éléments extrémistes ».

    Le président afghan a d'ailleurs appuyé en mars dernier le Conseil des oulémas - qui regroupe des théologiens - lorsque ce dernier a décrété que « l'homme est fondamental et la femme secondaire ».

    Radio-Canada.ca avec AFP