Plus de 200 000 étudiants ont marché dans les rues de Montréal, jeudi après-midi, pancartes et banderoles du haut de leurs bras, pour contester la hausse des frais de scolarité.
Ce nombre de participants, estimé par les organisateurs de la marche, constitue un record pour une manifestation étudiante, dépassant même celui de 100 000 enregistré en 2005.
Déjà en avant-midi, ils étaient des centaines d'étudiants à circuler dans les rues du centre-ville. Ceux qui arrivaient des régions se fondaient au fur et à mesure dans la foule étudiante.
Craignant de la casse, certaines tours à bureaux du centre-ville n'ont pas hésité à installer des gardes de sécurité devant leurs portes pour surveiller les allers et venues des manifestants.
Les étudiants sont arrivés à Place du Canada par grappe sur l'heure du midi et ont rapidement rempli le quadrilatère Mansfield / Peel / Sainte-Catherine / Saint-Jacques.
La chef de l'opposition, Pauline Marois, s'est pointée sur les lieux vers 13 heures flanquée de quelques membres de son équipe dont les députés Nicolas Marceau et Marie Malavoy.
La marche s'est finalement mise en branle autour de 14 heures. Les étudiants sont partis de la rue Peel pour tourner sur la rue Sherbrooke en direction de l'est de l'île.
Ils ont traversé les rues Saint-Denis et Cherrier, puis ont tourné à droite sur la rue Berri pour se diriger vers le Vieux-Montréal.
Un second cortège s'est cependant formé et s'est dirigé vers l'est par la rue Sainte-Catherine.
Soutien populaire
Plusieurs syndicats et groupes communautaires, dont le Collectif pour un Québec sans pauvreté, ont participé à la grande manifestation nationale en guise de solidarité envers les étudiants.
Des professeurs du groupe Profs contre hausse ont marché avec les étudiants. Pour eux, la hausse des frais de scolarité est le symbole même de la marchandisation de l'éducation.
«En tant qu'enseignante, j'ai moi-même constaté de l'intérieur de mon collège une «clientalisation» de l'étudiant et ça rentre dans la pratique de l'enseignant», a confié Sarah Baillargeon, qui enseigne la littérature au Cégep de Saint-Jérôme.
«Je souhaite que l'éducation soit plus indépendante du système commercial pour fournir un regard critique sur la société. Et pour cela, on a besoin de l'enseignement et de la recherche.»
Dans la foule, il y avait aussi des parents et des grand-parents qui s'étaient déplacés pour soutenir les jeunes.
«J'encourage les étudiants pour que le gouvernement ne démolisse pas ce qu'on a construit pour les jeunes. L'éducation, ce n'est pas une industrie», a lancé le retraité Gilles Lepage, juste avant le départ du cortège.
Georges et Anne-Marie Le Gal, eux, ont décidé qu'il était de leur devoir de participer à la marche nationale.
«Nous avons quatre enfants gradués qui ont travaillé fort durant leurs études; nous ne pouvions pas payer pour eux. Nous avons un devoir comme parents et aussi comme grand-parents, car les jeunes sont l'avenir du Québec. C'est scandaleux de voir comment le gouvernement traite les jeunes.»
La grande manifestation nationale s'est déroulée dan le calme et la bonne humeur. On ne rapporte aucun débordement de foule. Les policiers ont accompagné les étudiants sans manifester d'agressivité.
La journée s'est terminée par un spectacle de solidarité au Métropolis qui se déroulait en soirée et auquel ont participé plusieurs artistes dont Dan Bigras, Chloé Sainte-Marie et Paul Piché.


