ACTIVITÉ DE VOS AMIS

    Libye : l'équipe de la Cour pénale internationale est libérée

    Les membres de la Cour pénale internationale (CPI) qui étaient détenus en Libye depuis 26 jours ont été libérés lundi. Ils étaient soupçonnés par les autorités d'avoir partagé avec Seif al-Islam Kadhafi, le fils de l'ancien dictateur Mouammar Kadhafi, des documents qui pouvaient mettre en danger la sécurité nationale.

    « Les quatre membres [de la délégation de la CPI] ont été libérés », a annoncé en début d'après-midi Ajmi al-Atiri, commandant de la brigade qui détient Seif al-Islam à Zenten, à 170 km au sud-ouest de Tripoli, peu après l'arrivée sur place du président de la CPI, le Sud-coréen Sang-Hyun Song.

    Après leur libération, les membres de la délégation ont été transférés à Tripoli d'où ils ont pu quitter le pays vers 20 h 30, heure locale, selon une source protocolaire libyenne. La CPI a confirmé leur départ dans un communiqué. Ils étaient censés se rendre en Italie.

    Plus tôt, le président de la CPI, le Sud-Coréen Sang-Hyun Song, s'est excusé auprès du gouvernement libyen et a promis d'enquêter sur les accusations visant ces membres de la CPI.

    Melinda Taylor, une avocate australienne travaillant à la défense de Seif al-Islam, ainsi que l'interprète libanaise Helen Assaf, le Russe Alexander Khodakov et l'Espagnol Peralta Losilla, avaient été arrêtés le 7 juin à Zenten alors qu'ils venaient visiter Seif al-Islam, arrêté en novembre. Ils avaient été placés en détention préventive.

    Selon les autorités libyennes, la délégation a porté atteinte à la sécurité nationale. Mme Taylor est en effet accusée d'avoir apporté un stylo-caméra lors de sa visite et d'avoir essayé de transmettre à Seif al-Islam une lettre codée de son ancien bras droit, Mohammed Ismaïl, l'un des hommes les plus recherchés par la justice libyenne.

    Le gouvernement libyen conteste officiellement la compétence de la CPI pour juger Seif al-Islam, accusé de crimes contre l'humanité, et affirme que son procès doit se tenir en Libye.

    Selon le ministre adjoint libyen aux Affaires étrangères, Mohammed Abdelaziz, la libération des quatre fonctionnaires intervient dans le cadre d'un accord entre la Libye et la CPI, qui s'est engagée à poursuivre sa propre enquête sur l'affaire et à tenir Tripoli informée.

    Les organisations de défense des droits de l'homme Human Rights Watch et Amnistie Internationale ont salué lundi la libération des membres de la CPI, tout en dénonçant leur détention qualifiée d'« inacceptable ».

    Radio-Canada.ca avec AFP et Associated Press