L'Espagne devrait obtenir une année supplémentaire pour réduire son déficit budgétaire. Lors de la réunion de l'Eurogroupe qui se tient mardi à Bruxelles, la Commission européenne va proposer de reporter les objectifs de Madrid sur trois ans, selon des sources diplomatiques européennes.
« Les objectifs de consolidation du budget espagnol seront ajustés pour donner une année supplémentaire. Ce n'est pas une décision unilatérale, l'Espagne a besoin de faire des coupes supplémentaires pour atteindre cet objectif et cela sera discuté mardi à l'Ecofin. Je m'attends à ce qu'on donne un an de plus », a déclaré un des diplomates.
Le ministre français de l'Économie, Pierre Moscovici, a pour sa part déclaré que les ministres des Finances de l'Union européenne (Ecofin) devraient conclure un accord sur cet assouplissement.
Des sources européennes ont indiqué que la Commission va proposer de réviser ces objectifs à 6,3 % du produit intérieur brut pour 2012, 4,5 % pour 2013 et 2,8 % pour 2014.
La cible actuelle est de 5,3 % pour 2012 et, d'après les règles budgétaires européennes, l'Espagne aurait dû réduire son déficit à 3 % d'ici la fin de 2013. Une dure récession causée par l'explosion de la bulle immobilière a toutefois rendu cette obligation quasi impossible à remplir, le déficit de Madrid ayant atteint 8,9 % en 2011.
Si l'Ecofin accepte mardi la proposition de la Commission, les nouvelles cibles deviendront contraignantes, ont précisé deux responsables européens.
Le ministre espagnol de l'Économie, Luis de Guindos, présentera durant la rencontre un plan de réductions budgétaires de quelque 30 milliards d'euros. Ce plan, qui comprendra des diminutions de dépenses et des augmentations d'impôts sur plusieurs années, sera rendu public mercredi.
Une source proche du gouvernement espagnol indique qu'il a l'intention de réaliser dès cette année des économies de 10 milliards d'euros (12,6 milliards de dollars) en haussant la taxe de vente, en réduisant les prestations sociales et les indemnisations de chômage ainsi qu'en introduisant un nouveau mode de calcul des retraites.
Pendant ce temps, les taux d'emprunt de l'Espagne continuent de grimper. Lundi matin, le taux d'emprunt sur 10 ans a repassé le seuil de 7 %. Après avoir atteint un tel niveau de taux, la Grèce, l'Irlande et le Portugal avaient tous demandé un plan d'aide internationale.
Le mois dernier, le gouvernement espagnol a demandé une aide financière de quelque 100 milliards d'euros (126 milliards de dollars) aux pays membres de la zone euro pour pouvoir renflouer ses banques surendettées.
Cette annonce a fait chuter la Bourse de Madrid a chuté de 1,5 %.
Radio-Canada.ca avec AFP et Reuters


