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    - Les libéraux fédéraux veulent occuper le centre

    Le chef intérimaire du Parti libéral du Canada (PLC), Bob Rae, estime que son parti est le plus rassembleur et que c'est ce qui lui permettra de se distinguer des autres formations lors des prochaines élections fédérales.

    M. Rae, qui s'adressait dimanche aux quelque 600 militants réunis dans le cadre du congrès de l'aile québécoise de la formation politique, à Montréal, veut repositionner le PLC comme le parti du centre.

    Selon lui, les conservateurs, au pouvoir, et les néo-démocrates, qui forment l'opposition officielle, sont très similaires. « M. Mulcair est devenu le miroir de M. Harper », a-t-il lancé lors de son discours.

    Il dénonce la politique qu'il dit « de division » de ces deux partis, qui selon lui tentent d'opposer l'est et l'ouest du pays, mais également les classes sociales et les milieux manufacturiers et des ressources.

    En contrepartie, M. Rae voit le PLC comme le parti du rassemblement et de l'unité canadienne, « non seulement dans un sens constitutionnel », mais également sur le plan de l'économie, dans sa politique et dans toutes ses approches, affirme-t-il.

    « Je crois que nous avons une bonne opportunité de présenter une alternative aux deux autres partis », résume-t-il.

    Reconstruire le parti

    Rappelons que le PLC a essuyé la plus importante défaite de son histoire lors du scrutin fédéral de mai 2011, ne parvenant à faire élire que 34 députés, dont 7 au Québec.

    Les libéraux ont tenu un grand congrès biennal en janvier dernier, à Ottawa, afin de se pencher sur l'avenir du parti.

    Bob Rae note d'ailleurs que c'est la première fois en près d'un siècle qu'il y a un gouvernement majoritaire à Ottawa sans appui important au Québec. Cette situation est mathématiquement possible, mais, selon les libéraux, il s'agit d'un échec politique.

    « La reconstruction, si on veut retrouver le pouvoir, ça commence par le Québec », affirme le député de Bourassa, Denis Coderre.

    La nouvelle présidente de l'aile québécoise du parti, l'ex-députée Alexandra Mendès, admet qu'il y a beaucoup de travail à faire.

    « Actuellement, au Québec, sur les 75 associations de comté libérales, il y en a peut-être 25 qui sont en bonne forme », reconnaît-elle.

    Pour susciter l'engouement malgré une organisation parfois très petite, le PLC misera entre autres sur une politique adoptée en janvier.

    Les sympathisants libéraux pourront voter pour élire le prochain chef au même titre que les membres en règle.

    « C'est une expérience qui s'est faite en Europe avec François Hollande et son parti, puis ça a été une grande réussite. Si la reconstruction est un marathon, on est rendu à quel endroit? Je dirais qu'on est rendu pas plus loin que cinq kilomètres », affirme le député de Westmount-Ville-Marie, Marc Garneau.

    L'élection du prochain chef se tiendra d'ici juin 2013. La course non officielle pourrait commencer dans une dizaine de jours. Même si les règles du PLC ne permettent pas en théorie au chef intérimaire de briguer la direction, ces règles peuvent être modifiées par le nouveau président, Michael Crawley. D'autant plus que de nombreux analystes et observateurs ont relevé la bonne performance en Chambre de Bob Rae au cours de la dernière année.

    Avec les informations de Martin Bégin et d'Emmanuelle Latraverse

    Radio-Canada.ca avec PC