Après avoir commencé la séance de lundi en hausse marquée, les bourses européennes ont terminé lundi sur une note stable ou en légère baisse, à la suite de l'annonce ce week-end d'un plan de la zone euro pour recapitaliser les banques espagnoles.
L'accord, qui propose une aide pouvant atteindre jusqu'à 100 milliards d'euros (129 milliards de dollars), n'a donc pas tout à fait réussi à apaiser les craintes quant à la fragilité du pays, engagé dans un douloureux plan de rigueur, et son lourd endettement.
Même si l'agence de notation Fitch estime que le plan d'aide accordé aux banques espagnoles couvre les pires scénarios, elle a annoncé lundi matin qu'elle dégradait de deux crans les notes des deux plus grandes banques espagnoles, Santander et BBVA, à BBB+.
Fitch maintient toutefois les notes des deux banques au-dessus de la note de l'Espagne, qui a été abaissée de trois crans la semaine dernière, de A à BBB. L'agence souligne dans un communiqué que la « diversification géographique et une solide performance financière », permettent aux deux banques de contrecarrer les effets de la récession dans laquelle a replongé l'Espagne au premier trimestre.
La Bourse de Madrid a fini en baisse de 0,54 %, alors qu'elle faisait un bond maximum de près de 6 % en matinée. À Francfort, le DAX progressait de seulement 0,17 %, alors qu'à Paris, le CAC 40 a terminé sur une perte de 0,29 %, après avoir gagné jusqu'à 2,32 %. De son côté, la Bourse de Londres cédait 0,05 %.
L'Espagne, qui présente l'accord conclu avec les pays de la zone euro comme une « ligne de crédit » plutôt qu'un plan de sauvetage, s'est engagée à poursuivre ses réformes entreprises depuis le début de l'année pour relancer son économie.
Après la Grèce, l'Italie et le Portugal, l'Espagne est le quatrième pays à recevoir une aide européenne.
Madrid recherche à ramener son déficit budgétaire à 5,3 % de son PIB contre 8,9 % l'an passé. La quatrième économie de la zone euro est d'ailleurs retombée en récession au premier trimestre et son taux de chômage a atteint un sommet à 24,44 %, alors que la dette publique de ses 17 régions autonomes continue à gonfler.
Les taux d'emprunt à 10 ans de l'Espagne se sont nettement détendus lundi matin passant sous le seuil des 6 % alors que les taux élevés au cours des dernières semaines avaient fait redouter que l'Espagne parvienne difficilement à se financer sur les marchés. Madrid doit refinancer 82,5 milliards d'euros de dette d'ici la fin de l'année. Les régions autonomes espagnoles doivent emprunter 15,7 milliards au second semestre.
Des voix s'élèvent dans le pays voisin de l'Espagne, où certains estiment qu'il y a une différence de traitement entre Lisbonne et Madrid. Des Portugais soulignent que l'aide qu'ils ont reçue était conditionnelle à un rigoureux plan de réforme et d'austérité alors que les banques espagnoles recevront un soutien apparemment sans contrepartie imposée au gouvernement espagnol.
Un éditorial du quotidien économique Jornal de Negocios exprimait l'amertume que ressentent vraisemblablement des Portugais. « Quelle est la différence entre le fait que la Grèce ait menti sur ses comptes publics et que les banques espagnoles aient menti sur leur bilan », s'est interrogé l'éditorialiste. « Il est clair que les 100 milliards font partie d'un sauvetage pour l'Espagne », a-t-il ajouté.
Le chef du gouvernement portugais, Pedro Passos Coelho, a rejeté pour le moment une éventuelle renégociation du plan d'aide accordé à Lisbonne. « Il n'y a aucune raison de demander de nouvelles conditions », a déclaré le premier ministre.
Le Portugal s'attend d'ailleurs à ce que les difficultés de l'Espagne, son principal partenaire économique, aient un impact sur ses exportations sur lesquelles Lisbonne table pour relancer son économie, qui doit reculer de 3 % de son PIB cette année.
Radio-Canada.ca avec AFP et Reuters


