Le Soudan du Sud et le Soudan se sont entendus sur le partage de la manne pétrolière soudanaise, réglant ainsi un de leurs différends qui durent depuis l'accès à l'indépendance du Sud, il y a un peu plus d'un an.
« Les parties se sont mises d'accord sur les détails financiers concernant le pétrole, donc c'est fait, » a annoncé le médiateur de l'Union africaine (UA) Thabo Mbeki et ex-président sud-africain, à l'issue d'une réunion du Conseil de paix et de sécurité de l'UA dans la capitale éthiopienne Addis Abeba.
M. Mbeki a en outre annoncé une reprise de la production sud-soudanaise de pétrole brut. « Le pétrole va couler », a-t-il promis, sans préciser quand.
Suite à l'indépendance du Soudan du Sud, proclamée le 9 juillet 2011, le Nord a perdu une bonne partie des réserves de pétrole brut, le Sud ayant hérité des trois quarts des ressources. En contrepartie, le Sud dépend entièrement des infrastructures du Nord pour exporter. Faute d'accord sur la redevance à payer, le Nord avait décidé de se payer en nature en prélevant du pétrole à son passage. Le Sud avait alors arrêté sa production, au détriment des économies des deux pays.
La question pétrolière n'est qu'un des différends qui ont conduit les deux Soudans au bord de la guerre au printemps. Parmi ces litiges figurent encore la démarcation de leur frontière et le statut de zones contestées. Les deux pays voisins s'accusent aussi mutuellement de soutenir des groupes rebelles sur le territoire de l'autre.
De passage dans la capitale sud-soudanaise Juba vendredi, la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton avait exhorté le Soudan du Sud et le Soudan à faire des compromis et à régler leurs différends.
Un autre accord a été annoncé par M. Mbeki samedi, cette fois entre le Soudan, l'UA, les Nations Unies et la Ligue arabe, qui se sont entendus sur l'accès humanitaire dans les États soudanais du Kordofan-Sud et du Nil bleu.
Dans ces deux États, des affrontements répétés entre les forces soudanaises et des groupes rebelles auraient plongé des milliers de personnes dans une grave crise humanitaire, selon l'ONU. Nombreux sont ceux qui fuient la situation vers le Soudan du Sud.
Le gouvernement soudanais avait déjà accepté un plan permettant l'envoi d'aide humanitaire dans ces régions, mais entravait la réalisation de ce plan en posant des conditions, selon les Nations unies.


