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    Le Soudan du Sud fête un an d'indépendance

    Le Soudan du Sud fêtait lundi son premier anniversaire. Mais la liesse qui avait accompagné la proclamation d'indépendance du pays le 9 juillet 2011 semble désormais bien loin pour les Soudanais du Sud, qui ont connu une année difficile, marquée par les violences avec Khartoum.

    S'adressant à une foule en liesse, le président du Soudan du Sud, Salva Kiir, a promis de s'attaquer à la corruption qui ronge son pays.

    Plusieurs dirigeants étrangers ont participé aux célébrations dans la capitale, Juba. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, qui était attendu, ne s'est finalement pas présenté.

    Le président soudanais Omar El-Béchir était lui aussi absent des festivités. Il a seulement envoyé son ministre des Affaires étrangères.

    L'absence du président soudanais lors de cet événement rappelle que les tensions sont toujours vives avec Khartoum concernant le partage de la manne pétrolière.

    Une nouvelle flambée de violence est d'ailleurs survenue au printemps dernier après que l'armée soudanaise eut repris la région frontalière de Heglig, où se concentrent d'importants gisements de pétrole. Cette région riche en hydrocarbures est toujours l'objet d'une âpre dispute entre le Soudan et le Soudan du Sud.

    Incapable de s'entendre avec Khartoum sur le tracé d'une frontière dans cette région qui divise les deux États, le Soudan du Sud avait pris le contrôle militaire de la zone de Heglig le 10 avril, qui a été reprise 10 jours plus tard par l'armée soudanaise. Les combats pour le contrôle de la zone pétrolière ont fait plusieurs centaines de morts en quelques mois, sinon des milliers.

    À l'indépendance du Soudan du Sud, Khartoum a perdu les trois quarts des réserves de pétrole brut. Mais le Sud dépend entièrement des infrastructures du Nord pour exporter. Khartoum et Juba n'ayant jamais réussi à trouver un accord sur les frais de passage à la frontière, le Soudan a fini par se payer lui-même en prélevant du pétrole. Juba a réagi en cessant sa production en janvier dernier, au détriment des économies des deux pays.

    « À présent, nous avons même du mal à nous procurer les produits de base. Nous avons donné au gouvernement de nombreuses responsabilités, lui permettant de prendre des décisions pour nous, mais ils ne font aucune consultation. Ils ont fermé le robinet du pétrole sans rien nous dire et ils n'avaient aucun plan B », a déploré une fonctionnaire sud-soudanaise.

    Le Soudan du Sud, peuplé de 8,6 millions d'habitants, reste l'un des pays les plus pauvres au monde. Le parti au pouvoir, le Mouvement de libération du peuple soudanais (MLPS), peine à établir des institutions et à construire des services de base au pays.

    La population adulte est illettrée à 73 %, le taux de scolarisation dans le secondaire est d'à peine 6 % et l'espérance de vie ne dépasse pas 50 ans.

    Radio-Canada.ca avec AFP et Reuters