Alors que les ministres des Finances des pays de la zone euro ont entériné vendredi le plan d'aide aux banques espagnoles, la Bourse de Madrid chutait de 5,82 %, en réaction entre autres aux prévisions pessimistes du gouvernement espagnol.
Ce quatrième sauvetage au sein de l'Union monétaire, annoncé le mois dernier, vient d'ailleurs d'être approuvé par le Parlement allemand et celui de la Finlande. Les banques espagnoles recevront jusqu'à 100 milliards d'euros.
Les ministres des Finances se sont entendus sur les modalités du plan qui, contrairement à ceux de l'Irlande, de la Grèce et du Portugal, vise uniquement à renflouer le secteur bancaire. Déjà, la zone euro a promis de débloquer 30 milliards d'euros d'ici la fin du mois en cas de besoins urgents.
« Nous avons formellement approuvé le protocole qui fixe les conditions dans lesquelles il est possible de prêter de l'argent à l'Espagne pour la recapitalisation de ses banques », a déclaré à la presse le ministre des Finances du Luxembourg, Luc Frieden. « L'argent ne va pas être versé immédiatement, parce que le travail [d'analyse de la situation] de chacune des banques est en cours », a-t-il ajouté.
Ce soutien devrait venir du Fonds de soutien de la zone euro, puis du Mécanisme de stabilité, qui est appelé à lui succéder rapidement.
Par ailleurs, des manifestants ont envahi le centre-ville de Madrid jeudi soir pour protester contre les mesures d'austérité imposées par le gouvernement, dont une hausse de la taxe de vente, mais aussi d'importantes réductions budgétaires.
L'Espagne n'est toujours pas parvenue à relancer son économie, maintenant en récession, après l'éclatement de sa bulle immobilière.
Le ministre du Trésor de l'Espagne, Cristobal Montoro, a annoncé vendredi qu'il s'attend à ce que l'économie espagnole se contracte de 0,5 % en 2013, après un recul prévu de 1,5 % cette année.
Madrid anticipe que son déficit public atteindra 4,5 % de son produit intérieur brut (PIB) en 2013 et estime qu'il pourrait baisser à 2,8 % du PIB en 2014 et à 1,9 % en 2015.
Dans la zone euro, c'est en Espagne que le taux de chômage est le plus élevé. Le gouvernement espagnol, qui estime le taux de chômage à 24,6 % cette année, prévoit qu'il pourrait redescendre à 24,3 % en 2013 et à 23,3 % l'année suivante.
Radio-Canada.ca avec AFP et Reuters


