Le plus haut responsable des troupes militaires au sein du gouvernement de Kim Jong-un a été relevé de ses fonctions pour des raisons de santé, a annoncé l'agence de presse nationale lundi.
Pourtant, Ri Yong-ho semblait en bonne santé lors de récentes sorties publiques, ce qui pousse certains observateurs à croire que M. Kim l'a limogé afin de laisser son empreinte sur le régime dont il a hérité il y a sept mois, lors du décès de son père, Kim Jong-il.
La décision de libérer l'homme de 69 ans de ses fonctions au sein des hautes sphères militaires et politiques du pays a été prise lors d'une réunion du Parti du travail de Corée, selon l'Agence centrale de presse coréenne.
On ignorait lundi qui sera le successeur de M. Ri, et les autorités n'ont pas donné de précision sur l'état de santé de l'ancien chef des forces armées ni sur son avenir.
Daniel Pinkson, un spécialiste de la Corée du Nord pour l'International Crisis Group, n'a pas caché son scepticisme. Il a remarqué que M. Ri a obtenu ses plus récentes promotions lors d'une conférence du parti, en septembre 2010, mais aucune en avril, attisant les spéculations quant à son avenir.
« Il y a de fortes chances qu'il ne s'agisse pas d'une question liée à la santé et qu'il ait été sacrifié », un geste qui enverrait ainsi un signal clair à tous ceux voulant défier Kim Jong-un, même si M. Ri n'a jamais défié directement le nouveau leader.
M. Ri était le vice-maréchal de l'Armée populaire de la Corée et chef d'État major-général des troupes militaires, faisant de lui la plus importante figure de l'armée nord-coréenne après Kim Jong-un, qui règne à titre de leader suprême.
Au cours des dernières années, il avait été promu à des fonctions politiques de haut niveau au sein du Parti du travail de Corée qui, là aussi, lui avaient valu de devenir l'un des personnages les plus importants de la Corée du Nord.
On a vu M. Ri aux côtés de Kim Jong-un dès le jour où le jeune homme est apparu comme successeur éventuel de son Kim Jong-il en 2010, se trouvant souvent entre le père et le fils lors d'événements d'envergure.
Pendant le règne de Kim Jong-il, la politique de « l'armée d'abord » a rendu l'armée du pays plus puissante encore. M. Ri a détenu d'importantes fonctions au sein de trois institutions vitales du pays : l'Armée populaire de la Corée, le Comité de la Défense nationale et l'Assemblée populaire suprême.
Associated Press


