La Ville de Moncton a réitéré, lundi, son statut bilingue lors de la réunion du conseil municipal.
La Ville, sous la gouvernance de l'ancien maire Brian Murphy, a adopté unanimement la déclaration de bilinguisme officiel le 6 août 2002.
Dix ans plus tard, Brian Murphy déplore le fait que 80 % de l'affichage commercial soit encore en anglais à Moncton. « Est-ce qu'on devrait aller aussi loin que Dieppe et obliger les entreprises à afficher [dans les deux langues officielles]? Je pense que c'est la prochaine étape logique, à la Ville de Moncton. »
Le 12 juillet dernier, la ville voisine de Dieppe a gagné une bataille linguistique contre deux entreprises qui contestaient son décret obligeant l'affichage commercial bilingue.
Malgré tout, le conseiller à la Ville de Moncton, Pierre Boudreau, ne pense pas que la méthode forte soit la plus appropriée pour inciter l'affichage commercial dans les deux langues officielles. « La méthode à suivre ne serait pas d'imposer et d'avoir des sanctions contre les compagnies », dit-il.
Pierre Boudreau reconnaît que l'affichage commercial bilingue est un échec à Moncton. « Ça n'a pas fonctionné et ce n'est pas seulement la faute des anglophones; c'est la faute des Acadiens également qui sont craintifs », affirme-t-il.
Un comité de la ville de Moncton a pour mandat d'augmenter l'affichage bilingue de 30 % d'ici cinq ans. S'il ce comité n'y arrive pas, le conseiller Boudreau se dit prêt, lui aussi, à suivre l'exemple de Dieppe.
De son côté, Brian Murphy pense que pour adopter un bilinguisme réel, il faut accorder plus d'importance au statut bilingue de la ville. « Il y a des étapes dans l'avenir, et l'une d'entre elles, c'est de suivre l'idée de Dieppe d'avoir un vrai pouvoir dans un statut ou dans un arrêté municipal. »


