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    La Syrie utilisera ses armes chimiques en cas d'agression étrangère

    Au moment où se déroulent d'intenses combats entre l'armée et les groupes rebelles à Alep et à Damas, le régime syrien de Bachar Al-Assad a déclaré lundi avoir l'intention d'utiliser des armes chimiques en cas d'agression étrangère, mais a nié vouloir utiliser ce type d'arme contre ses citoyens.

    « Aucune arme chimique ou non conventionnelle ne sera utilisée contre nos propres citoyens. [...] Ces armes ne seront utilisées qu'en cas d'agression étrangère », a indiqué lundi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jihad Makdessi, lors d'une conférence de presse à Damas. Elles ne seront jamais, jamais utilisées contre nos citoyens, quelle que soit l'évolution de la crise », a-t-il assuré.

    M. Makdessi a accusé les Occidentaux d'organiser une « campagne visant à justifier une intervention militaire en mentant sur des armes de destruction massive ».

    Les autorités syriennes mettent en garde contre la possibilité que des étrangers arment « les groupes terroristes » avec des bombes bactériologiques, afin de les faire exploser dans un village pour que les forces syriennes soient par la suite accusées.

    Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a indiqué que l'arsenal des armes chimiques est en sécurité sous la supervision de l'armée, soulignant que « les généraux décideront quand et comment ces armes seront utilisées ».

    Des propos vivement condamnés

    En visite en Serbie, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a fait part de sa vive préoccupation concernant cette déclaration. « Il serait répréhensible de voir quiconque en Syrie envisager l'utilisation d'armes de destruction massive comme des armes chimiques, a-t-il déclaré. J'espère sincèrement que la communauté internationale gardera un oeil là-dessus pour que rien de tel ne se produise. »

    Les Syriens « ne devraient même pas penser une seule seconde à faire usage d'armes chimiques », a averti pour sa part le porte-parole du Pentagone George Little.

    « Il est inacceptable de dire qu'ils pourraient utiliser des armes chimiques, dans quelque circonstance que ce soit », a quant à lui réagi le chef de la diplomatie britannique William Hague aux déclarations de l'officiel syrien.

    De son côté, l'Union européenne s'est dite « profondément inquiète ».

    Washington avait averti Damas dimanche au sujet de ses armes chimiques, tenant pour responsables les membres du régime quant à la sécurité de cet arsenal.

    De son côté, Israël a prévenu qu'il ne pouvait pas accepter que des armes chimiques tombent aux mains du parti chiite libanais Hezbollah.

    Les efforts diplomatiques stagnent

    Pendant ce temps, les négociations pour mettre fin aux violences en Syrie piétinent toujours.

    Maintenant la position de Moscou dans le dossier syrien, le président russe Vladimir Poutine a estimé lundi que la crise syrienne devait être résolue par des négociations et non par les armes. Une chute du gouvernement du président Bachar Al-Assad risquerait de perpétuer une guerre civile où les rôles s'inverseraient, a-t-il jugé.

    Lundi, Damas a par ailleurs rejeté la proposition de la Ligue arabe d'un départ négocié de Bachar Al-Assad et de sa famille. « Nous sommes désolés que la Ligue arabe se soit abaissée à ce niveau immoral envers un pays membre de cette institution. Cette décision revient au peuple syrien qui est le seul maître de son sort », a dit le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jihad Makdessi, fustigeant une « ingérence flagrante » dans ses affaires intérieures.

    Lundi, l'Union européenne a par ailleurs décidé de renforcer son embargo sur les armes et ses sanctions contre la Syrie, afin d'augmenter la pression sur le régime de Bachar Al-Assad.

    Les bombardements se poursuivent

    Le gouvernement syrien a fait connaître son intention d'éventuellement utiliser des armes chimiques alors que se déroulaient à Damas et Alep affrontements violents entre l'armée syrienne et les groupes rebelles.

    Lundi, les forces syriennes ont bombardé les quartiers d'Al Haideriya, d'Hanano et de Sakhour, à Alep, et le quartier de Narh Aicha, dans le sud de Damas, faisant irruption dans des commerces et des maisons, avant d'y mettre le feu, rapportent des militants de l'opposition.

    Devant l'intensification des violences, la compagnie aérienne russe Aeroflot interrompra ses vols vers la Syrie à compter du 6 août en raison de la faible demande, a indiqué lundi un porte-parole de la société. Jusqu'à cette date, Aeroflot continuera de rapatrier des passagers de Syrie, où habitent plusieurs milliers de ressortissants russes.

    Le premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, a pour sa part ordonné lundi l'ouverture des frontières aux réfugiés syriens.

    Le porte-parole du gouvernement irakien, Ali Dabbagh, avait pourtant annoncé vendredi que son pays n'était pas en mesure d'accueillir les réfugiés fuyant les violences en Syrie, sauf ceux de nationalité irakienne, invoquant la situation sécuritaire en Irak.

    Par ailleurs, le ministère algérien des Affaires étrangères a indiqué que des milliers d'Algériens ont quitté la Syrie par leurs propres moyens, soulignant que la compagnie nationale Air Algérie offre d'importants rabais pour permettre aux Algériens de quitter le pays.

    Le ministère a également indiqué que l'ambassade algérienne à Damas a hébergé des familles fuyant les combats dans des hôtels de la capitale.

    Plainte d'Israël contre la Syrie


    Par ailleurs, Israël a déposé une plainte à l'ONU à la suite de l'infiltration de soldats syriens la semaine dernière dans une zone démilitarisée du plateau du Golan, une zone occupée par Israël depuis la guerre de 1967, puis annexée.

    Selon le gouvernement israélien, « des soldats syriens ont franchi la zone de séparation mise en place par l'accord signé en 1974 sur la séparation des forces d'Israël et de la Syrie ». Israël estime que cette intrusion constitue « une violation flagrante de cet accord et pourrait avoir d'importantes implications pour la sécurité et la stabilité de la région ».

    Selon le quotidien israélien Haaretz, quelque 500 soldats et 50 véhicules syriens ont franchi la zone démilitarisée, qui est sous la responsabilité d'un millier de Casques bleus de l'ONU.

    Radio-Canada.ca avec AFP et Al-Arabiya