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    La Syrie est en guerre civile

    Alors que les combats font toujours rage dans plusieurs quartiers de Damas, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) statue que la Syrie est en situation de guerre civile.

    Le CICR a tenu à souligner à l'intention de toutes les parties que dans ce contexte « le droit humanitaire doit s'appliquer ». Ce droit définit les conditions de la protection des populations civiles, tout comme « la protection des gens qui ne sont plus en train de se battre, par exemple les blessés, mais aussi les conditions dans lesquelles ils pourraient être détenus », a souligné un porte-parole du CICR, Alexis Heeb.

    Le non-respect du droit international humanitaire peut être considéré comme un crime de guerre, voire comme un crime contre l'humanité. Les responsables peuvent alors être poursuivis par les juridictions internationales. Dans ce cadre, les Conventions de Genève s'appliquent à tous les combattants impliqués.

    Le Comité international de la Croix-Rouge avait déjà statué précédemment qu'une situation de « conflit armé non international », terme utilisé en diplomatie pour parler de guerre civile, touchait trois zones de la Syrie, soit Homs, Hama et Idlib. Mais il considère maintenant que le conflit s'est étendu dans plusieurs autres territoires syriens.

    Le CICR est la seule organisation internationale sur le terrain en Syrie, où elle intervient avec le Croissant-Rouge syrien. Il a régulièrement demandé aux autorités syriennes le respect des blessés dans les centres de soins et un accès de ses délégués aux détenus dans les divers centres de détention. L'organisation fournit de l'aide aux civils, et elle n'a pu visiter des détenus qu'à deux reprises depuis mars 2011, une fois à Damas, puis dans la prison centrale d'Alep.

    En juin dernier, le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Hervé Ladsous, avait aussi déclaré que la Syrie était en état de guerre civile.

    Damas toujours touchée par les combats

    Sur le terrain, Damas est toujours lundi le théâtre de combats violents. Les affrontements font rage pour la deuxième journée consécutive dans la capitale syrienne, qui avait été épargnée depuis le début du conflit, entre les rebelles et les forces régulières sous les ordres de Maher Al-Assad, le frère du chef de l'État, Bachar Al-Assad.

    Les troupes du régime ont lancé une offensive sans précédent pour tenter de reprendre le contrôle de quartiers périphériques du sud, de l'ouest et de l'est de la capitale favorables aux opposants.

    D'après l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), des combats se sont même étendus lundi pour la première fois au quartier Midane, plus proche du coeur de la capitale, vers lequel des renforts de troupes et des véhicules ont été envoyés le matin. En outre, des combats sont signalés par les comités locaux de coordination dans les quartiers de Tadamoun, Kafar Soussé et Jobar.

    Damas était jusqu'à présent ultra-sécurisée et contrôlée principalement par la quatrième division du premier corps d'armée dirigée par Maher Al-Assad. « La révolution s'étend et resserre l'étau autour du régime dans des zones où il se sentait à l'abri de la colère du peuple », avait réagi l'opposition syrienne, dimanche.

    Le quotidien Al-Watan, proche du régime, titrait lundi à l'adresse des opposants, « Damas vous ne l'aurez jamais ». « Les forces de sécurité aidées par l'armée attaquent depuis 48 heures les groupes terroristes qui tentent de se retrancher dans les quartiers périphériques », affirme le journal.

    Ailleurs dans le pays, des quartiers rebelles de Homs, encerclés par les forces du régime depuis des semaines, étaient également bombardés, selon l'OSDH. L'organisme rapporte la mort de quatre rebelles et un civil lundi matin en Syrie.

    Dimanche, les combats ont fait plus de 105 morts dans le pays, toujours selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme.

    Kofi Annan en Russie

    Entre-temps, l'émissaire international Kofi Annan amorce aujourd'hui une visite de 48 heures à Moscou. Il doit rencontrer mardi le président russe Vladimir Poutine pour faire état de la situation en Syrie.

    Au cours de cet entretien, la Russie doit souligner son soutien au plan de paix de Kofi Annan. « Du côté russe, on part du principe que ce plan est la seule plateforme viable pour résoudre les problèmes internes de la Syrie », souligne le Kremlin.

    Par ailleurs, juste avant l'arrivée de l'émissaire Annan à Moscou, la Russie a réitéré son opposition à une résolution du conseil de sécurité de l'ONU qui inclurait des sanctions.

    Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov a accusé les Occidentaux d'exercer un « chantage » pour forcer Moscou à accepter des sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU contre Damas, faute de quoi ils « refuseraient de prolonger le mandat de la mission d'observateurs ».

    « Nous estimons que c'est une approche absolument contre-productive et dangereuse, car il est inacceptable d'utiliser les observateurs comme une monnaie d'échange », a déploré Sergueï Lavrov.

    En outre, le ministre russe a affirmé lundi qu'il n'était pas « réaliste » d'espérer que la Russie puisse convaincre le président syrien Bachar Al-Assad de quitter le pouvoir, comme l'affirment les Occidentaux.

    Le président Assad « ne partira pas, non parce que nous le soutenons, mais simplement parce qu'une part tout à fait significative de la population de la Syrie le soutient », a déclaré M. Lavrov.

    Le Maroc demande le départ de l'ambassadeur syrien

    D'autre part, le ministère marocain des Affaires étrangères a annoncé lundi avoir demandé à l'ambassadeur de Syrie, désormais persona non grata au Maroc, de quitter immédiatement le pays.

    L'ambassade de Syrie à Rabat n'a pas fait de commentaire. Plus tôt dans la journée, un responsable de l'ambassade de Syrie avait démenti les rumeurs d'une défection de l'ambassadeur.

    Radio-Canada.ca avec AFP et Reuters