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    Conseil de la fédération : faire plus à moindre coût en santé

    La santé a occupé une part importante des discussions des 13 premiers ministres des provinces et territoires réunis pour une deuxième journée à Halifax dans le cadre du Conseil de la fédération.

    Les premiers ministres de la Saskatchewan et de l'Île-du-Prince-Édouard, Brad Wall et Robert Ghiz, ont présenté mercredi les résultats d'une étude sur l'amélioration des soins de santé au Canada. Les deux premiers ministres avaient été mandatés par leurs pairs pour mener cette étude.

    Baptisé « De l'innovation à l'action », le document comporte une douzaine de recommandations pour renforcer la coopération entre les gouvernements provinciaux et offrir des soins de meilleure qualité sans en augmenter les coûts.

    Le rapport présente entre autres des moyens d'empêcher les provinces de se faire compétition pour recruter des médecins et des infirmières, notamment en limitant le salaire des professionnels. Il suggère aussi aux provinces de s'allier pour acheter de plus grandes quantités de médicaments génériques afin de réaliser des économies.

    Il propose d'adopter de nouvelles lignes de conduite pour éviter que des examens coûteux soient réalisés inutilement et d'améliorer le traitement des patients atteints de maladies chroniques, notamment de diabète.

    En conférence de presse, Brad Wall a expliqué que l'étude a démontré qu'un nombre important de chirurgies, notamment d'amputations dues au diabète, auraient pu être évitées si certains critères avaient été respectés dans le processus de traitement de ces patients.

    Le document recommande enfin aux provinces de revoir l'organisation du travail dans leurs équipes médicales pour offrir une meilleure prise en charge des patients. Le rapport cite en exemple le Québec, l'Alberta et l'Ontario, qui ont récemment étendu les responsabilités des infirmières praticiennes.

    Toutefois, certaines provinces, comme le Québec, n'ont pas l'intention de suivre un mouvement pancanadien sur les questions du salaire des professionnels et de l'achat de médicaments génériques, puisque ces questions ont déjà été réglées dans des politiques provinciales.

    « Dans le cas du Québec, on se réserve le droit de prendre nos décisions chez nous en fonction de nos priorités, comme c'était le cas depuis 2004, avec la négociation de l'entente sur la santé, qui reconnaît le principe du fédéralisme asymétrique. En 2004, le Québec a obtenu de la part de l'ensemble de ses partenaires une reconnaissance de sa pleine autonomie dans les questions de santé », a affirmé le premier ministre Jean Charest, lors d'un point de presse.

    Le spectre des transferts fédéraux en santé

    Les discussions portent aussi sur l'impact de la modification, par le gouvernement Harper, de la formule de calcul des transferts fédéraux en santé qu'il verse chaque année aux provinces. Ottawa a décidé de plafonner les transferts fédéraux en santé au moins jusqu'en 2017.

    Considérant la vitesse à laquelle les coûts de santé croissent au Canada, plusieurs gouvernements provinciaux craignent de devoir faire face à d'importants manques à gagner.

    Qu'Ottawa ait pris cette décision de façon unilatérale irrite également plusieurs provinces, dont le Québec. « Ce qui est inacceptable, c'est que ces décisions sont prises unilatéralement, sans qu'il y ait même eu de discussions ou un dialogue sur les méthodes de transfert et les objectifs poursuivis. Je n'avais jamais vu ça avant », a déclaré Jean Charest.

    Les représentants provinciaux veulent également obliger le gouvernement fédéral à entreprendre avec elles cet automne des pourparlers sur les transferts en santé.

    Climat tendu entre l'Alberta et la Colombie-Britannique

    Outre la santé, l'énergie occupera une place importante dans l'ordre du jour des discussions qui se dérouleront dans un climat tendu entre la Colombie-Britannique et l'Alberta, en conflit au sujet du projet Northern Gateway.

    Ce mégaprojet sur lequel planche le gouvernement albertain consiste à construire deux pipelines qui transporteraient le pétrole des sables bitumineux jusqu'à la côte pacifique en traversant le nord de la Colombie-Britannique.

    Le litige entre les deux provinces réside dans le partage des recettes que générera ce projet. Pour la première ministre de la Colombie-Britannique, Christy Clark, il est hors de question que les pipelines voient le jour si la redevance à sa province sur les profits n'est pas bonifiée.

    Une condition plutôt mal reçue par la première ministre de l'Alberta, Alison Redford, qui mise beaucoup sur la collaboration de Victoria pour développer l'économie pétrolière albertaine.

    Les discussions des premiers ministres des 10 provinces et des 3 territoires se poursuivront dans la capitale néo-écossaise jusqu'à vendredi après-midi.