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    Kofi Annan lève le voile sur l'approche que prône Damas

    Le président Bachar Al-Assad propose de régler le conflit en cours en Syrie en procédant « étape par étape », en commençant par les régions les plus touchées par les violences des derniers mois, a fait savoir mardi le médiateur de l'ONU, Kofi Annan, lors d'une conférence de presse donnée à Téhéran.

    « Il a proposé d'adopter une approche à partir de zéro dans certaines régions où il y a des violences extrêmes - d'essayer d'endiguer la violence dans ces régions et, étape par étape, de progresser et de mettre un terme aux violences », a-t-il dit, selon une transcription fournie par les Nations unies.

    Kofi Annan a tenu ces propos après avoir rencontré le ministre iranien des Affaires étrangères Ali Akbar Salehi. La veille, il avait annoncé avoir convenu d'une nouvelle « approche » avec le président Al-Assad, lors d'une rencontre tenue à Damas, mais sans donner le moindre détail.

    Le ministre Salehi a pour sa part salué « l'impartialité » de Kofi Annan dans ce dossier. « Nous attendons de M. Annan qu'il mène son action jusqu'au bout pour ramener la stabilité et le calme en Syrie et dans la région », a-t-il déclaré en arguant que « l'Iran fait partie de la solution ».

    Dans une entrevue accordée en fin de semaine au quotidien Le Monde, Kofi Annan avait déclaré que l'Iran « devrait faire partie de la solution » dans le conflit syrien. La République islamique « a de l'influence et nous ne pouvons pas l'ignorer », avait-il souligné.

    À Moscou, le vice-ministre des Affaires étrangères Mikhaïl Bogdanov a pour sa part déclaré que la Russie est prête à accueillir une nouvelle réunion du groupe d'action sur la Syrie et souhaite que de nouveaux pays, dont l'Iran, se joignent aux discussions.

    La Russie prête à discuter avec Téhéran

    Le groupe d'action sur la Syrie a annoncé un accord sur les principes d'une transition politique lors de sa dernière réunion, le 30 juin, à Genève. Washington et ses alliés, engagés dans un bras de fer avec l'Iran sur la question de son programme nucléaire, ont refusé que l'Iran soit présent.

    « Moscou regrette qu'en raison des positions d'un certain nombre de nos partenaires, l'Iran et l'Arabie saoudite n'aient pas été présents à Genève », a déploré le vice-ministre Bogdanov.

    Le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, a cependant réitéré mardi son refus de négocier un accord politique avant le départ du président Al-Assad. Le chef du CNS, Abdel Basset Sayda, doit d'ailleurs évoquer cette question lors d'une visite d'une délégation de son organisme à Moscou mercredi.

    Après son passage à Téhéran, Kofi Annan s'est rendu à Bagdad, où il doit discuter de la situation en Syrie avec le premier ministre irakien Nouri al-Maliki. Les deux hommes doivent donner une conférence de presse après leur rencontre.

    Jeudi dernier, le ministre irakien des Affaires étrangères Hoshyar Zebari a déclaré disposer « d'informations et de renseignements solides » sur des militants d'Al-Qaïda, qui entreraient en Syrie depuis l'Irak pour perpétrer des attaques.

    Radio-Canada.ca avec AFP et Reuters