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    Justice - L'ex-juge Jacques Delisle devra subir un autre procès

    Les délibérations du jury ont commencé mardi matin au procès du juge à la retraite Jacques Delisle pour le meurtre de sa femme, Nicole Rainville. Qu'il soit déclaré coupable ou non, l'homme de 77 ans devra de nouveau faire face à la justice.

    Jacques Delisle est accusé de possession d'arme prohibée, une accusation qui prévoit une peine minimale de trois ans de prison. L'arme en question est celle qui a causé la mort de sa femme Nicole Rainville le 12 novembre 2009, dans son condo de Sillery.

    Le jury n'a pas été informé de cette accusation, ni d'autres éléments qui n'ont pas été admis en preuve lors du procès pour meurtre de Jacques Delisle. Il est maintenant possible d'en révéler la teneur puisque les douze jurés sont isolés pour délibérer à huis clos afin d'en arriver à un verdict dans la première cause.

    Avant le début des procédures, l'avocat de Jacques Delisle, Me Jacques Larochelle, avait obtenu que les deux chefs d'accusation soient séparés.

    L'un des arguments invoqués par Me Jacques Larochelle pour la tenue de deux procès était que Jacques Delisle devait témoigner pour sa défense sur l'accusation de meurtre, mais pas sur la possession d'une arme prohibée.

    L'accusé aura finalement choisi de taire sa version des faits sur la mort de sa conjointe, Nicole Rainville.

    C'est Jacques Delisle qui a dit aux policiers que le pistolet qui a tué sa femme lui appartenait et qu'il était chargé.

    Me Larochelle avait fait valoir que si cette déclaration était admise en preuve, elle serait « fatale » pour son client.

    Informations non révélées au jury

    La Couronne aurait aussi voulu présenter au jury une nouvelle vidéo sur la trajectoire du projectile pendant le procès. La défense prétend que la balle a dévié dans la tête de Nicole Rainville, mais la poursuite soutient que c'est impossible. Des tests réalisés au laboratoire judiciaire pendant le procès appuient la thèse de la Couronne. Comme cet élément de preuve est arrivé tardivement, l'avocat de la poursuite, Me Steve Magnan, n'a pu l'utiliser en preuve.

    Lors de l'enquête préliminaire, un enquêteur a aussi expliqué comment la police avait appris l'existence de la maîtresse de Jacques Delisle. L'ex-juge a été pris en filature après que la police eut commencé à avoir des soupçons quant à son implication dans la mort de sa femme.

    Les policiers ont surpris Jacques Delisle qui conduisait sa maîtresse au travail au palais de justice de Québec. Lors d'une autre filature, les agents ont constaté que Jacques Delisle surveillait Johanne Plamondon au moment où elle se trouvait avec son mari.

    La place de Jacques Delisle dans la salle d'audience a aussi fait l'objet d'un débat avant le début du procès. Me Jacques Larochelle a demandé à ce que l'ex-juge soit assis à ses côtés, mais la Couronne aurait préféré qu'il prenne place dans le box des accusés vitré.

    Le juge Claude Gagnon a finalement accepté que l'accusé s'assoie près de son avocat. Il a appuyé sa décision sur le fait que Jacques Delisle était en liberté pendant le processus judiciaire.