L'avocate Sheila Block a tenté une fois de plus de miner la crédibilité d'Alex Chapman lors de la quatrième journée de témoignage de l'enquête sur la conduite de la juge Lori Douglas, impliquée dans un scandale sexuel, jeudi à Winnipeg.
Elle voulait faire admettre de nouvelles preuves trouvées sur l'ordinateur d'Alex Chapman, contenant des détails sur la vie sexuelle de ce dernier.
Les juges ont finalement refusé d'accepter les dossiers en les qualifiant de matériels personnels trouvés par accident dans l'ordinateur du témoin.
Depuis lundi, Alex Chapman, l'homme qui accuse Lori Douglas de harcèlement sexuel, est à la barre des témoins de l'enquête menée par le Conseil canadien de la magistrature. Il a connu une semaine forte en émotions.
Alex Chapman a aussi révélé avoir demandé à un ami de filmer avec une caméra cachée son entrevue avec un enquêteur du CCM.
Il voudrait faire admettre la vidéo comme preuve, car il soutient que la transcription de son entrevue préliminaire est erronée.
Vendredi, ce sera au tour de Michael Sinclair de témoigner. Il pratiquait au sein de la firme d'avocats Thompson Dorfman Sweatman pour laquelle Lori Douglas et son mari Jack King travaillaient.
En 2010, Alexander Chapman avait porté plainte contre son avocat, l'accusant d'avoir suggéré d'avoir des relations avec son épouse. Me King lui aurait également montré des photos pornographiques sur Internet mettant en scène la juge.
L'affaire remonte à 2003, deux ans avant la nomination de Lori Douglas à la magistrature.
M. Chapman avait accepté à l'époque de signer une entente de confidentialité en échange de 25 000 $.
Sept ans plus tard, à l'été 2010, M. Chapman déposait cependant une plainte formelle devant le Conseil canadien de la magistrature, à l'endroit de Lori Douglas, son mari, et le cabinet d'avocats Thompson Dorfman Sweatman pour lequel le couple travaillait au moment des faits.
Alexander Chapman avait également déposé une plainte contre Me King auprès du Barreau du Manitoba et intenté trois poursuites distinctes totalisant 67 millions de dollars.
Une première poursuite de 7 millions de dollars, qui visait la juge, et une autre de 50 millions de dollars intentée contre la firme Thompson Doftman Sweatman, ont été abandonnées par M. Chapman. Il avait été débouté à la mi-novembre pour sa troisième poursuite, chiffrée à 10 millions de dollars, qui visait le mari de la juge, Jack King.
Le juge de la Cour du Banc de la Reine avait alors soutenu que M. Chapman n'avait pas le droit de poursuivre Me King alors qu'il avait signé une entente de confidentialité et promis de ne pas porter plainte contre l'avocat et ses partenaires.
En mars 2011, Jack King a plaidé coupable à des accusations d'abus de confiance, de harcèlement sexuel et de conflit d'intérêts, devant la Société du Barreau du Manitoba.
La juge Douglas avait demandé à être provisoirement relevée de ses fonctions en 2010, après que son nom ait été impliqué dans le scandale sexuel.
Par ailleurs, Lori Douglas dément les accusations sexuelles qui pèsent sur elle.


