Plusieurs groupes de la Colombie-Britannique demandent à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) de modifier ses pratiques de poursuite de suspects d'âge mineur avec des chiens pisteurs.
La société Pivot Legal, l'union des chefs autochtones de la Colombie-Britannique, le conseil tribal et les services à la famille Carrier Sekani, ainsi que la famille d'une jeune fille mordue par un chien policier ont écrit une lettre au directeur provincial de la GRC, Ron Field, pour lui demander de modifier les directives pour l'usage de chiens policiers.
Ils voudraient que les policiers évitent de faire appel aux chiens policiers quand le suspect d'un crime est une personne d'âge mineure et recommandent que les chiens policiers ne soient utilisés pour contrôler un jeune qu'en cas de danger pour sa vie ou sa santé ou la vie et la santé d'autrui.
Cette lettre a été envoyée à la suite d'un incident qui a eu lieu en mai dernier lorsqu'une jeune fille de 12 ans de Prince George a été mordue par un chien policier et a été gravement blessée à la jambe.
Selon un communiqué publié par la GRC après l'incident, les policiers avaient été appelés sur les lieux d'une fête publique parce que deux personnes y avaient été attaquées avec du gaz poivré.
Un policier et son chien ont pisté le suspect jusqu'à un édifice voisin où ils ont trouvé la bombonne de gaz poivré et où le chien a mordu la suspecte.
La mère de la jeune fille, qui tient à garder l'anonymat, a déclaré dans un entretien téléphonique que son enfant avait aspergé deux autres enfants de gaz poivré poivré dans un cas de légitime défense.
Elle ajoute que lorsque les policiers l'ont trouvée, la fillette a crié qu'elle n'avait que 12 ans, mais que les policiers ont quand même lâché le chien.
La mère soutient que les policiers étaient au courant de l'âge de la personne qu'ils pistaient parce que le nom et l'âge de sa fille avaient été mentionnés par des témoins de l'altercation qui avait précipité leur présence sur les lieux.
La famille de l'enfant note également que les policiers l'ont transportée à l'hôpital pour l'y faire soigner puis l'ont ramenée au poste de police où elle est demeurée dans une cellule pendant plusieurs heures avant que ses parents soient contactés.
Questionné au sujet de l'utilisation de chiens policiers pour pister des personnes d'âge mineur, le sergent Rob Vermeulen, porte-parole de la GRC, a expliqué que dans la majorité des cas, les policiers ne connaissent pas l'âge du suspect quand ils se lancent à sa poursuite.
Il note également qu'il n'est pas acquis que les jeunes personnes ne sont pas dangereuses et ne sont pas une menace pour d'autres.
Le sergent Vermeulen ajoute toutefois que lorsque le suspect d'un crime est un mineur et que le crime n'est pas grave, les agents qui travaillent avec les chiens policiers ont comme directive de cesser la poursuite.
« Les chiens policiers ne décident pas de mordre quelqu'un », explique-t-il, « ils sont formés pour réagir au comportement du suspect qu'ils poursuivent. »
La famille de la jeune fille a déposé une plainte auprès de la GRC et la police de New Westminster a été chargée de l'enquête.


