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    Inondations en Russie : des responsables politiques locaux sont limogés

    Les inondations qui ont causé la mort de 171 personnes surtout dans la ville de Krymsk près de la mer Noire en Russie ont fait leurs premières victimes politiques lundi, alors qu'un jour de deuil national, décrété par le président Vladimir Poutine, est observé.

    Le gouverneur de la région de Krasnodar, Alexandre Tkatchev, a limogé le chef du district et le maire de Krymsk.

    « Il a été prouvé que les dirigeants du district ont reçu l'alerte de risque d'inondations au moins trois heures avant [les inondations] », a déclaré le gouverneur Alexandre Tkatchev. « Mais au cours de mes rencontres avec les gens hier [dimanche] et avant-hier [samedi], nombre d'habitants de Krymsk m'ont dit qu'ils n'avaient pas été alertés. »

    Le président Poutine a, quant à lui, exigé une analyse des causes de la crue - dans les plus brefs délais - afin d'éviter la répétition d'une telle catastrophe dans une autre région de la Russie. Il s'agit de la première catastrophe naturelle à survenir sous la nouvelle présidence de Vladimir Poutine après un passage de ce dernier au poste de premier ministre. Sa gestion des catastrophes naturelles avait été critiquée au cours de son premier séjour au Kremlin.

    Les autorités se retrouvent sur la sellette alors que la population en colère accuse le gouvernement de ne pas l'avoir alertée des dangers de la crue des eaux. « Selon de premiers éléments, des avertissements ont bien été lancés, mais malheureusement, tout n'a pas été fait au mieux. Des erreurs ont été commises par les autorités locales et plusieurs services », a déclaré le ministre des situations d'urgence, Vladimir Poutchkov, lundi à la télévision. « Tout le monde n'a pas été prévenu à temps », a-t-il ajouté.

    Une rumeur selon laquelle les inondations ont été causées par l'ouverture d'un réservoir proche de la ville a été démentie par le ministre Poutchkov.

    La colère des habitants est relayée autant par la presse progouvernementale que par celle de l'opposition, événement rare en Russie. Les journaux parlent de la négligence, de l'incompétence et de l'irresponsabilité des autorités locales dans la gestion de la catastrophe. Les médias estiment que cette catastrophe aurait pu être évitée, mais qu'elle pourrait très bien se reproduire dans une autre région de Russie. De son côté, le gouverneur de Kranodar a décrit la crue comme « une énorme surprise » contre laquelle l'homme ne pouvait rien faire.

    Des crues similaires avaient fait quelque 200 morts dans la région en 2002.

    Le port de Novorossiisk, le plus important port commercial de Russie, fonctionnait normalement lundi après une interruption des activités au cours des pluies torrentielles.

    Alors que la région sinistrée peine à se relever des inondations de vendredi, de nouvelles pluies sont attendues lundi dans la région.

    Radio-Canada.ca avec AFP et Reuters