Le directeur général de la société britannique de sécurité privée G4S, Nick Buckles, a présenté samedi des excuses publiques devant l'incapacité de sa firme à fournir suffisamment d'agents de sécurité pour les Jeux olympiques, qui débutent dans deux semaines à Londres.
Le gouvernement a été contraint de mobiliser cette semaine 3500 soldats supplémentaires et prévenu la police qu'elle pourrait également être mise à contribution.
La firme G4S, qui devait fournir initialement près de 14 000 agents de sécurité, n'a pas pu recruter suffisamment de personnel qualifié et ne pourra donc pas honorer son contrat.
Nick Buckles a précisé que sa firme avait identifié le problème il y a seulement « huit ou neuf jours ». « Nous n'allons manifestement pas remplir notre contrat et nous sommes très, très déçus et embarrassés », a-t-il déclaré samedi sur les ondes de la radio britannique.
La compagnie a dit plus tôt cette semaine avoir rencontré des problèmes liés à la disponibilité des effectifs et à l'organisation des horaires de travail au cours des dernières semaines.
Certains membres du personnel de G4S ont révélé cette semaine au quotidien britannique The Guardian un processus de recrutement « chaotique ». Certains n'avaient pas reçu, à deux semaines de l'ouverture des Jeux, « ni planification, ni uniforme, ni formation à l'utilisation des machines à rayon X ». Selon le journal, G4S a même dû faire appel à des policiers retraités.
De plus, certains gardiens de sécurité formés par l'entreprise ne parleraient pas anglais.
L'entreprise privée a fait savoir qu'elle prendrait en charge les frais engagés pour la mobilisation des soldats, soit une facture supplémentaire qui pourrait atteindre 50 millions de livres (73 millions de dollars).
Certains officiers militaires se sont par ailleurs plaints de l'amateurisme des organisateurs des Jeux et jugent ingrate la tâche de suppléant qui leur échoit, dans un contexte de coupes budgétaires.
En tout, 17 000 soldats seront déployés à Londres et au Royaume-Uni pendant les Jeux, en plus des quelque 10 000 agents privés de la firme G4S et de 12 000 policiers.
Par ailleurs, une exclusion aérienne est en vigueur depuis minuit dans le ciel de Londres, en prévision des Jeux olympiques. Seuls les avions commerciaux ont le droit de voler au-dessus de la ville s'ils se rendent dans les deux principaux aéroports.
Les vols privés, eux, sont interdits dans la zone dite « centrale », et les pilotes doivent communiquer leur plan de vol dans la zone plus large.
Des appareils militaires se tiendront prêts à intervenir. Si un pilote ne répond pas aux sommations d'usage, son appareil pourrait être abattu.
Rappelons que l'armée britannique a déployé des missiles antiaériens sur le toit d'habitations de l'est de Londres, malgré les protestations des occupants.
Les Jeux olympiques auront lieu du 27 juillet au 17 août.
Radio-Canada.ca avec Associated Press, Le Monde, Reuters et The Guardian


