Le Parti québécois accuse le premier ministre Jean Charest d'instrumentaliser le conflit étudiant à des fins électoralistes et de le laisser perdurer volontairement.
À la période de questions mercredi, le leader de l'opposition officielle, Stéphane Bédard, a brandi une page d'une présentation PowerPoint montrée à du personnel politique du Parti libéral au cours d'une rencontre tenue mercredi dernier.
La page présente l'élection comme un scrutin au cours duquel les électeurs auront à se prononcer sur une question référendaire portant sur deux enjeux principaux, l'emploi et l'économie. Le Parti québécois est associé à un référendum et à la rue. Les autres formations sont absentes du document.
« Le premier ministre a présenté sa stratégie électorale, celle de diviser les Québécois, celle d'associer le Parti québécois au désordre, a-t-il déclaré.
« Le régime libéral est prêt à tout pour faire oublier son bilan, a pour sa part lancé Pauline Marois. La chef péquiste a affirmé que Jean Charest avait « besoin que les Québécois soient dans la rue pour y opposer sa vision de la loi et de l'ordre ».
Le premier ministre s'est défendu de faire de ce conflit un enjeu électoral et a accusé le Parti québécois et sa chef d'encourager l'intimidation. Il a ajouté qu'elle ne défendait pas les étudiants qui veulent aller à leurs cours et qu'elle avait changé de point de vue à de multiples reprises sur la hausse des droits de scolarité.
« Jamais il n'a été question d'exploiter une affaire comme ça », a martelé Jean Charest devant les journalistes à sa sortie du Salon bleu. « Il n'y a pas un premier ministre au Québec qui aurait souhaité ce que nous est arrivé dans les derniers mois. »
Le bureau du premier ministre a reconnu que cette page faisait partie de la présentation de la semaine dernière, mais a nié que cela représentait une stratégie, affirmant plutôt qu'il s'agissait d'un constat de la situation.
La réunion à huis clos, à laquelle environ 1000 personnes participaient, avait pour but de motiver les troupes libérales en vue des prochaines élections.
Le député de la Coalition avenir Québec, Éric Caire, a pour sa part dit aux journalistes que cette fuite était de mauvais augure pour le Parti libéral.
Le député de La Peltrie a dit y voir un signe que « la solidarité de l'ensemble de la famille libérale » s'effritait. « C'est du jamais vu », a-t-il soutenu.
La candidate libérale défaite dans Argenteuil, Lise Proulx, a à son tour alimenté les rumeurs de la tenue d'élections en septembre, qui circulent depuis plusieurs semaines.
Dans une vidéo mise en ligne sur Internet le soir de l'élection complémentaire, on peut l'entendre dire à ses partisans réunis à son local électoral que le nouveau député péquiste, Roland Richer, ne restera pas en poste très longtemps.
Mme Proulx semble avoir été filmée à son insu.
« Pensez-vous qu'on va laisser passer ça? » dit-elle à une militante libérale, qu'elle prend dans ses bras, avant de parler de son adversaire péquiste.
« On va avoir le prochain », affirme-t-elle lorsqu'elle serre la main d'un autre militant, ajoutant qu'elle ne se « décourage pas » .
Radio-Canada.ca avec PC


