Produits forestiers Résolu (PFR) pourrait entreprendre des poursuites judiciaires contre la soixantaine d'entrepreneurs forestiers qui ont entrepris des moyens de pression au nord du Lac-Saint-Jean.
Les propriétaires de machinerie forestière ont interrompu les opérations dans sept secteurs de coupe parce qu'ils réclament une augmentation de 25 % du prix du mètre cube de bois payé par Produits forestiers Résolu.
PFR refuse catégoriquement d'acquiescer à la demande des entrepreneurs forestiers. Le porte-parole, Pierre Choquette, affirme qu'une telle augmentation risquerait de plonger à nouveau Produits forestiers Résolu et plusieurs scieries du Lac-Saint-Jean en situation déficitaire.
« On ne peut pas prendre ça à la légère, indique M. Choquette. Il faut bien analyser la situation et voir quels sont les recours possibles. Si tout ça se prolonge, ça va avoir des impacts considérables sur nos opérations au Lac-Saint-Jean. »
La crise couvait depuis quelques semaines déjà, alors que les entrepreneurs avaient même manifesté à l'Assemblée nationale.
La directrice générale de l'Association des propriétaires de machinerie forestière, Isabelle Tanguay, précise que les opérations ne sont plus rentables et que les banques refusent de les financer.
« Ça s'enligne encore vers des faillites si on ne fait pas quelque chose et on est une main-d'oeuvre très, très rare », affirme Mme Tanguay.
Les négociations avec Produits forestiers Résolu ont assez traîné, selon la directrice de l'association, et les entrepreneurs forestiers ont décidé de passer à l'action pour inciter la compagnie à les prendre au sérieux.
En plus d'une augmentation du prix du bois, les propriétaires de machinerie forestière demandent à Québec de leur garantir des taux d'emprunt raisonnables.
Isabelle Tanguay soutient que les entrepreneurs forestiers n'ont plus rien à perdre et que l'arrêt de travail va durer aussi longtemps qu'ils n'auront pas obtenu gain de cause.
Pour sa part, le Syndicat des travailleurs forestiers du Saguenay-Lac-Saint-Jean, affilié au SCEP, estime qu'environ 400 de ses 1200 membres sont privés de leur emploi par le moyen de pression des propriétaires de machineries forestières.
Le président du syndicat, Ubald Desgagnés, appui malgré tout les revendications des entrepreneurs forestiers. « Ça fait très longtemps qu'ils n'ont pas eu d'augmentation de tant du mètre, dit-il. Je compatis avec eux et c'est normal, il faut qu'ils fassent quelque chose et on est rendu là ce matin. »
Le transport du bois en forêt se poursuivrait normalement selon M. Desgagné. Il soutient d'autre part qu'il y aurait un inventaire de bois sur les parterres de coupe pour approvisionner les six scieries de PFR au Lac-Saint-Jean pendant encore deux semaines.
L'Association des propriétaires de machinerie forestière du Québec représente 512 entreprises au Québec qui créent 124 000 emplois directs. Elle compte 65 membres au nord du Lac-Saint-Jean.


