Des citoyens de Sillery craignent pour l'avenir des grands domaines des communautés religieuses en bordure du fleuve Saint-Laurent. Plusieurs d'entre eux ont exprimé leur inquiétude, lundi soir, au conseil d'arrondissement à la suite de la vente d'une partie des terres du Collège Jésus-Marie à un promoteur immobilier.
La transaction s'élève à 5 millions de dollars. Pour les citoyens présents à la rencontre, la vente de ce terrain est un signe que l'avenir de l'arrondissement historique de Sillery n'est pas une priorité. La coalition Héritage Québec, qui se porte à la défense du patrimoine, fait circuler une pétition en ligne afin de protéger le quartier historique et éviter le morcellement des grands domaines.
L'organisme et des citoyens affirment que certains des plus beaux paysages de la ville seront détruits, de même que des propriétés conventuelles historiques qui devraient être protégées.
La porte-parole de la coalition Héritage Québec, Johanne Elsener, estime que sept hectares de boisé exceptionnel sont menacés en raison du projet immobilier. « La fondation Héritage Canada l'a mis sur le palmarès des dix sites patrimoniaux les plus menacés au Canada. Tout ce morcellement semble s'effectuer avec la bénédiction de la Ville de Québec. Tout ce qu'on a vu pour le moment, c'est un exercice de dissection de l'arrondissement historique pour des fins de construction de condominiums. »
La Coalition et des citoyens demandent la création d'un comité d'experts formé de représentants du tourisme, de citoyens, d'architectes, d'urbanistes et de spécialistes du patrimoine pour adopter un vrai plan de conservation et de mise en valeur des grands domaines de Sillery.
De leur côté, les promoteurs immobiliers précisent qu'ils vont construire des condos, mais uniquement le long de la zone résidentielle. Si des arbres sont coupés, ce qui n'est pas prévu dans les plans, ils se compteront sur les doigts d'une main promet l'un des promoteurs, Marc Simard.
« Ça va être juste une petite partie du terrain qui va être développée. Une partie où il n'y a pas d'arbres, ce n'est même pas un dixième du terrain de Jésus-Marie qui va être développé. »
Le promoteur ajoute que le quart du terrain doit être légué à la Ville de Québec pour l'aménagement d'un parc public.


