Le premier ministre canadien, Stephen Harper, et la chancelière allemande, Angela Merkel, ont confirmé jeudi matin leur volonté d'aboutir au plus vite à la conclusion d'un traité de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne. Les deux chefs de gouvernement ont également partagé leurs points de vue sur la crise de la dette en Europe.
Au lendemain du souper privé qu'il a partagé avec son homologue allemande, Stephen Harper a rappelé la détermination du Canada à conclure un accord économique et commercial avec l'Union européenne. Les entreprises canadiennes auront ainsi accès « aux 500 millions de consommateurs européens, qui constituent le plus grand marché du monde », a souligné le premier ministre canadien lors d'une conférence de presse conjointe avec Angela Merkel.
Pour Stephen Harper, ce traité de libre-échange, en négociation depuis près de deux ans, donnerait un signal positif à l'économie mondiale. « Il montrerait que les grands pays développés sont capables d'avancer pour créer de la croissance », a-t-il indiqué, admettant que le contenu de cet accord est « ambitieux ». Le calendrier est serré, a par ailleurs reconnu le premier ministre, mais il a bon espoir que le traité sera signé d'ici la fin de cette année.
De son côté, Angela Merkel a déclaré que l'Union européenne voulait elle aussi aller de l'avant dans les négociations avec le Canada, sans cacher les raisons de cet intérêt. « Il est intéressant de collaborer avec un pays aussi riche en ressources naturelles. Nous pourrons obtenir beaucoup de cet accord », a-t-elle ajouté, soulignant que l'approvisionnement en matières premières est un « grand enjeu stratégique mondial ».
À la question de savoir si le refus canadien de contribuer au plan de sauvetage de la Grèce, par le Fonds monétaire international, ne constituait pas un obstacle à la signature du traité, la chancelière allemande a été catégorique: « Il est erroné de tout mélanger, a affirmé Angela Merkel. Il n'y a aucun lien entre ces deux affaires. Ce qui compte, c'est de créer de la croissance pour toute l'Europe, et tout accord commercial contribue à cette croissance. »
Interrogée sur les réticences européennes à l'égard des sables bitumineux canadiens, la chancelière a indiqué que l'Union européenne était prête à aider le Canada à réduire les émissions de gaz à effet de serre provoquées par l'extraction du pétrole en Alberta.
Alors que son ministre des Finances, Jim Flaherty, avait affirmé mercredi que les pays européens n'ont pas posé de gestes concrets pour régler leurs problèmes, Stephen Harper s'est montré plus nuancé. Le premier ministre a témoigné « sa confiance » dans l'Union européenne, qui est selon lui confrontée à « d'importants défis » et de « multiples objectifs à poursuivre ». Il a notamment salué les initiatives qui ont été lancées dernièrement, estimant que l'Union européenne avait pris des « mesures importantes ».
Angela Merkel a pour sa part expliqué que l'issue de la crise européenne de la dette passait par un renforcement de l'Union européenne. Elle ne nie pas que la priorité reste la mise en place d'un plan de sauvetage de la Grèce, mais, « la solution durable » pour la chancelière allemande, « c'est le maintien de l'union économique et monétaire, mais surtout le renforcement de l'union politique », a-t-elle répété.


