L'ancien président haïtien Jean-Claude Duvalier, appelé Bébé Doc, sera jugé pour corruption durant ses 15 années de règne. Aucune date de procès n'a encore été fixée.
L'ancien dictateur, soupçonné d'avoir détourné entre 300 millions et 800 millions de dollars, serait passible de cinq ans de prison s'il était reconnu coupable.
Un des avocats de M. Duvalier, Me Frizto Canton, a déclaré à l'AFP qu'il entendait « faire appel de cette décision », expliquant que son client « a été déjà jugé à trois reprises pour détournement de fonds en Haïti, en France et en Suisse ».
En revanche, les plaintes pour crimes contre l'humanité déposées par d'anciens opposants à M. Duvalier n'ont pas été retenues à ce stade par le juge d'instruction chargé du dossier de Bébé Doc.
L'ancien homme fort de Port-au-Prince, revenu d'un exil français de 25 ans en janvier 2011, a succédé à son père François Duvalier en 1971, à l'âge de 19 ans. Il est resté au pouvoir jusqu'en 1986.
Des organisations et des victimes haïtiennes veulent le traduire en justice pour les meurtres, les disparitions, les tortures et autres violations de droits de la personne qui ont marqué son règne.
Les Duvalier ont régné sur Haïti pendant 28 ans et 5 mois. François Duvalier, surnommé Papa Doc, a été au pouvoir de 1957 à 1971. À sa mort, en avril 1971, son fils Jean-Claude est nommé président à vie. Il régnera plus longtemps que son père, soit de 1971 à 1986.
La dictature de Jean-Claude Duvalier a été marquée par une multiplication des atteintes aux droits de la personne. Le régime Duvalier fils a été responsable de la torture et de la mort de nombreux opposants politiques. Un climat de terreur, entretenu par sa police secrète, les tontons macoutes, régnait à Haïti.
Dans les années 1980, le régime Duvalier fait l'objet de plus en plus de contestation. Les Haïtiens demandent plus de démocratie : des manifestations et des émeutes éclatent. En janvier 1986, devant la révolte populaire, Jean-Claude Duvalier instaure la loi martiale et multiplie les arrestations.
La situation se détériore : le 7 février 1986, sous pression de la France et des États-Unis, Jean-Claude Duvalier, des membres de sa famille et des personnes de son entourage s'exilent. Ils quittent Haïti dans un avion militaire américain et se réfugient en France. Jean-Claude Duvalier ne devait rester en France que quelques jours, en transit; il y restera finalement 25 ans. En Haïti, la nouvelle entraîne des célébrations de joie et des violences. La tombe de François Duvalier est pillée, des tontons macoutes sont battus et tués.
En 2007, sur les ondes d'une radio d'Haïti, Jean-Claude Duvalier a demandé pardon au peuple haïtien pour les erreurs commises pendant son règne.
Radio-Canada.ca avec Reuters et AFP







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