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    Grève étudiante - La CLASSE condamne la violence délibérée dans les manifestations

    La FECQ se dit prête à entamer des discussions avec Québec sans la CLASSE si elle s'obstine à ne pas condamner …La Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), réunie en congrès à Montréal, a adopté une résolution qui condamne toute violence physique délibérée commise lors de manifestations.

    « Depuis quelques semaines, des actions inacceptables ont été posées, que ce soit par des étudiants et des étudiantes ou par d'autres personnes. Il est inadmissible que l'intégrité physique de citoyens et de citoyennes soit mise en danger, notamment ceux et celles qui se rendent au travail. Le mouvement étudiant désire lutter avec la population et non contre elle », ont déclaré par voie de communiqué Jeanne Reynolds et Gabriel Nadeau-Dubois, coporte-paroles de la CLASSE.

    En entrevue exclusive à Radio-Canada, M. Nadeau-Dubois a précisé que la CLASSE juge toujours légitimes des actions de désobéissance civile comme les manifestations, les occupations symboliques de lieux comme des bureaux de député, ou encore le blocage de lieux.

    « On croit notamment que c'est grâce à cette pression-là que le gouvernement est pressant de dialoguer avec nous », a-t-il fait valoir, ajoutant que mis à part la violence physique délibérée, tout sera jugé aux cas par cas par les porte-paroles.

    Cette condamnation était la condition posée par la ministre de l'Éducation Line Beauchamp pour accepter la Coalition à la table des discussions, aux côtés de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ).

    La président de la FEUQ, Martine Desjardins, a d'ailleurs salué la décision : « On juge que c'est tout à fait suffisant. On espère que le cabinet de la ministre va appeler rapidement la CLASSE ».

    La CLASSE avait jusqu'ici toujours refusé de condamner les actes de vandalismes et de violences, leurs porte-paroles disant ne pas disposer du mandat pour le faire.

    La FECQ force le jeu

    Cette décision intervient quelques heures après l'annonce par la FECQ qu'elle était prête à entamer des discussions avec Québec, sans la CLASSE, si elle s'obstinait à ne pas condamner les actes de violence commis lors de manifestations étudiantes.La FECQ, réunie dimanche en assemblée, en Montérégie, avait adopté une résolution allant en ce sens.

    « On pense qu'il est important que tous soient unis, mais si une association décide elle-même de s'exclure du processus de discussion en ne condamnant pas les actes de violence, nos associations nous ont demandé d'entamer un premier processus de discussion pour voir ce que la ministre de l'Éducation avait à offrir et de quelle façon on peut dénouer l'impasse », expliquait plus tôt dimanche le président de la FECQ.

    Le coporte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois, s'était alors désolé de la nouvelle position de la FECQ. Il y voyait une erreur stratégique :

    « C'est un affront et ça vient diviser le mouvement étudiant. Je crois que ça joue le jeu de la ministre, le jeu qu'elle voulait jouer en lançant ce fameux débat sur la condamnation. Malheureusement, il semblerait que la FECQ est tombée dans le panneau. C'est très dommage. »

    Le temps presse, dit la FECQ

    M. Bureau-Blouin précise par ailleurs que sa fédération a l'intention de poursuivre le mouvement de grève, pour plusieurs jours, voire plusieurs semaines : « La raison pour laquelle la ministre de l'Éducation porte attention aux revendications étudiantes, c'est parce qu'il y a des étudiants qui sont en débrayage. Si on arrête, le gouvernement n'aura plus de raison de nous accorder des concessions . »

    Il insiste pour dire que l'impasse ne peut être dénouée sans discussion sur la hausse des droits de scolarité, ce à quoi Québec se refuse toujours.

    Le président de la FECQ estime que les discussions doivent commencer au plus tôt pour voir ce que Québec a à offrir.

    Dimanche encore, de passage à Gatineau pour un rassemblement partisan, le premier ministre Jean Charest a appelé les étudiants à négocier et a réaffirmé du même souffle que son gouvernement ne pouvait pas accepter l'intimidation et la violence.