ACTIVITÉ DE VOS AMIS

    - La ministre Beauchamp fait un geste d'ouverture à l'endroit de la FEUQ et la FECQ

    La ministre de l'Éducation a annoncé sa volonté de créer une commission permanente et indépendante sur la saine gestion des universités, où siégeraient des étudiants, alors que le conflit étudiant entre dans sa dixième semaine.

    « Si on demande plus aux étudiants, est-ce qu'on peut leur faire une plus grande place, pour s'assurer que les sommes d'argent sont bien gérées, au bénéfice de l'enseignement et de la recherche ? [...] Je suis prête à mettre en place une telle commission et à m'engager à ce que les étudiants aient leur place autour de cette table », a expliqué la ministre Line Beauchamp.

    Elle dit tendre ainsi la main à la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) qui a adopté samedi en assemblée générale une résolution allant dans ce sens.

    La ministre de l'Éducation confirme avoir parlé avec la présidente de la FEUQ peu avant sa conférence de presse pour lui faire part de sa proposition.

    La ministre soutient n'avoir par ailleurs aucune intention de revenir sur la question de la hausse des droits de scolarité.

    La ministre convie donc la FEUQ, mais aussi la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), à participer à des discussions en ce sens, mais refuse d'y inclure la Coalition large pour une Solidarité syndicale étudiante (CLASSE).

    Elle estime que ce groupe n'a jusqu'ici fait preuve d'aucune ouverture en vue d'éventuelles discussions et déplore le refus de son porte-parole, Gabriel Nadeau-Dubois, à dénoncer de récents gestes de vandalisme et de violence.

    La ministre Beauchamp faisait notamment référence au saccage de son bureau de circonscription vendredi dernier.

    Le porte-parole de la CLASSE a réagi en appelant les deux fédérations à refuser la main tendue de Québec et annoncé une conférence de presse lundi à 10 h. M. Nadeau-Dubois rappelle que la CLASSE représente 47 % des étudiants en grève.

    La FEUQ dénonce une judiciarisation du conflit

    Réunie en assemblée générale à Montréal, la FEUQ a réitéré, plus tôt en journée, sa volonté de forcer le gouvernement à revenir sur la hausse des droits de scolarité de 1625 dollars sur cinq ans.

    Sa présidente Martine Desjardins, réélue aujourd'hui pour un second mandat, a qualifié le gouvernement libéral de « borné » et « d'entêté » et l'avertit que le mouvement de contestation est loin d'être arrivé à son terme.

    La présidente de la FEUQ a par ailleurs dénoncé ce qu'elle qualifie de judiciarisation du conflit, alors que se multiplient les demandes d'injonctions d'étudiants pour forcer la tenue des cours.

    Martine Desjardins accuse directement le gouvernement Charest de tenter de « bâillonner les étudiants à coup d'injonctions ».

    Vendredi, en Outaouais, un groupe d'étudiants de l'Université du Québec en Outaouais a obtenu une injonction qui force la reprise des cours et oblige les professeurs à se présenter en classe lundi.

    À l'Université Laval, deux étudiants, Laurent Proulx et Jean-François Morasse, ont obtenu des tribunaux des injonctions pour assister à leurs cours.

    À Rimouski, la Cour supérieure doit par ailleurs se prononcer lundi sur la requête en injonction provisoire d'un étudiant de l'UQAR, Marc-André Jourdain.

    L'Université de Montréal a enfin obtenu mercredi une injonction interlocutoire provisoire, valide jusqu'au 20 avril, empêchant la tenue de manifestations qui empêcheraient les employés et les étudiants d'avoir accès à l'ensemble de ses installations. L'UdeM prévoit recommencer à donner des cours dès demain.

    La FEUQ prévoit la tenue le 18 avril à Montréal d'une manifestation pour dénoncer la multiplication des injonctions qui, dit son communiqué, « attaque directement la démocratie étudiante ».

    La fédération étudiante a par ailleurs profité de son assemblée générale pour dévoiler une première publicité radio, produite par les humoristes les Justiciers masqués, qui accuse le gouvernement Charest d'être responsable de la « détérioration du climat social ». La publicité sera diffusée à partir de lundi.

    Une série de petites actions sont en cours Montréal. Entre autres, au cours de la journée, des cours ont été donnés par des professeurs d'université dans un parc. Une trentaine d'étudiants ont participé à l'activité.

    Pas question d'annuler la session dans les cégeps

    Pour sa part, le président directeur-général de la Fédération des cégeps, Jean Beauchesne, estime que si le conflit ne se règle pas cette semaine, la session devra se compléter à partir de la mi-août pour certains collèges, empiétant ainsi sur la session automnale.

    Il n'est toutefois pas question d'annuler la session, a-t-il ajouté. « Dans ces collèges-là, il y a eu un minimum de jours de cours. Donc, ce serait une perte sèche s'y il fallait mettre ça de côté. On ne vise pas ça du tout. Maintenant, des cohortes conjointes dans une même session, c'est pratiquement impossible à l'automne, parce qu'on va manquer de locaux, on va manquer de professeurs, etc. Donc, ce qu'il faut envisager, si le scénario du pire arrivait, c'est plus d'être déporté à l'automne, et déporter la session d'automne, légèrement, dans la session d'hiver 2013 », a dit M. Beauchesne en entrevue à Radio-Canada.

    Le cégep de Saint-Jean-sur-Richelieu compte recommencer à donner des cours dès demain, malgré des votes de grève.

    Samedi, des milliers de citoyens ont signifié leur appui à la lutte contre la hausse des droits de scolarité des étudiants en grève en manifestant avec eux dans les rues de Montréal.

    Dimanche, le réseau Cap sur l'indépendance, qui regroupe 30 organismes indépendantistes, a annoncé son appui au mouvement étudiant. Certains de leurs membres participent dimanche à une manifestation étudiante.