Arrivés en tête des élections législatives qui se déroulaient dimanche, en Grèce, les conservateurs de Nouvelle Démocratie menés par Antonis Samaras devront former un gouvernement de coalition.
Le président de la République grecque, Carolos Papoulias, a confié au vainqueur un mandat exploratoire de trois jours pour former un gouvernement de coalition, comme le prévoit la Constitution.
M. Samaras a remporté 129 sièges sur les 300 du Parlement grec, soit 29,66 % des voix. Le parti Nouvelle Démocratie doit donc convaincre les socialistes du Pasok, eux aussi favorables au plan d'austérité de l'Union européenne et du Fonds monétaire international, de former une coalition.
Même s'ils ne totalisent que 42 % des suffrages, les deux partis sont assurés d'obtenir la majorité parlementaire en s'alliant, grâce à une règle accordant une prime de 50 élus au vainqueur du scrutin.
Le chef du Pasok, le socialiste Evangélos Vénizélos, a toutefois estimé qu'un gouvernement de responsabilité nationale devait inclure la gauche, autant radicale que modérée.
La gauche radicale Syriza est pour sa part farouchement opposée au plan d'austérité. Son chef, Alexis Tsipras, a déjà refusé de participer à la coalition proposée par M. Samaras, souhaitant demeurer présent « en tant qu'opposition ».
Le dernier scrutin du 6 mai s'était soldé par un cul-de-sac politique, les partis ayant échoué dans leur tentative de former une coalition, après des résultats électoraux très partagés.
Nouvelle Démocratie (conservateurs) 29,66 % : 129 sièges
Syriza (gauche radicale) 26,89 % : 71 sièges
Pasok (socialistes) 12,28 % : 33 sièges
Grecs indépendants (droite nationaliste) 7,51 % : 20 sièges
Aube dorée (néonazi) 6,92 % : 18 sièges
Gauche démocratique (Dimar) 6,25 % : 17 sièges
KKE (communiste) 4,5 % : 12 sièges
L'élection grecque était perçue par une partie de la population comme un référendum sur le plan de sauvetage financier imposé à Athènes par l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI).
Le plan inclut notamment le licenciement de 150 000 fonctionnaires, une réduction des dépenses de plus de 15 milliards de dollars, la vente d'entreprises publiques, l'amélioration de la collecte des impôts et l'ouverture à la concurrence des professions réglementées.
Dimanche, la chancelière allemande Angela Merkel a félicité Antonis Samaras de sa victoire, déclarant qu'elle « partait du principe que la Grèce allait respecter ses engagements européens ».
Le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, avait de son côté ouvert la porte à une discussion sur les délais pour leur mise en oeuvre, contredit lundi par un porte-parole du gouvernement. « Ce n'est pas le moment d'accorder quelque remise que ce soit à la Grèce », a soutenu Georg Streiter.
Tout comme les ministres de la zone euro, les États-Unis ont appelé la Grèce à respecter ses engagements envers les réformes, le porte-parole de la Maison-Blanche, Jay Carney, ajoutant « qu'il est de notre intérêt à tous que la Grèce reste dans la zone euro ».
En Europe, des craintes persistent sur les marchés boursiers pendant ces négociations pour former un gouvernement de coalition.
Radio-Canada.ca avec AFP et Reuters


