Les Grecs auront besoin de toute la motivation du monde, vendredi, pour vaincre les Allemands, nettement favoris. Mais cette motivation ne sera pas difficile à trouver.
Les joueurs grecs n'auront qu'à regarder dans les gradins du stade de Gdansk, en Pologne, où la chancelière allemande Angela Merkel a confirmé sa présence.
Mme Merkel est honnie en Grèce. Elle y est perçue comme la principale responsable des mesures d'austérité économiques décriées par la population et posées comme condition par l'Allemagne pour sauver le pays du marasme financier dans lequel il est embourbé.
Encore samedi dernier, Mme Merkel s'est plus ou moins subtilement invitée dans l'élection grecque, qui se tenait le lendemain. Elle a formulé le souhait que la population élise un gouvernement qui respecterait les engagements financiers pris envers l'Union européenne, en particulier l'Allemagne.
Dès les résultats des groupes A et B de l'Euro 2012 connus, et donc la tenue du quart de finale Allemagne-Grèce, les quotidiens des deux pays ont commencé à faire allusion au contexte politique incontournable.
« Pauvres Grecs, on va vous mettre en banqueroute gratuitement cette fois », a par exemple écrit le tabloïd allemand Bild.
« Angela, tenez-vous prête! Vous avez vu comment vos débiteurs se sont qualifiés? », répondait pour sa part le quotidien grec à vocation sportive SportDay.
Les principaux intéressés, les joueurs, ont quant à eux tenté de minimiser l'importance du contexte politique.
« On ne peut pas mêler le soccer et la politique, a répondu en conférence de presse l'attaquant grec Giorgios Samaras, qui n'a aucun lien familial avec le gagnant des élections de dimanche, Antonis Samaras. Ce n'est pas bien de faire ça. Le soccer est un jeu et nous allons jouer pour nous faire plaisir. »
La tension n'a pas toujours été aussi vive entre les deux pays. En 2004, c'est un entraîneur allemand, Otto Rehhagel, qui avait mené la Grèce jusqu'au titre de championne de l'Euro.


