Un nouveau rapport conclut qu'une communication nettement insuffisante entre le gouvernement fédéral, la police de Toronto et l'organisme civil Toronto Police Services Board a nui à la planification et au bon déroulement du sommet du G20 à Toronto, en juin 2010.
« Les caractéristiques qu'on pourrait s'attendre à voir dans la mise sur pied d'un événement international majeur - la délibération, la coopération, et le temps suffisant pour planifier - étaient absentes », écrit l'auteur du rapport, le juge à la retraite John Morden.
Le rapport, qui été mis en ligne accidentellement jeudi et depuis retiré, conclut que le service de police de Toronto n'a pas bénéficié de la coopération d'Ottawa pour planifier la sécurité du sommet.
Le rapport indépendant, commandé par le Toronto Police Services Board, un organisme civil de surveillance de la police, indique que le gouvernement a décidé du lieu du sommet seulement quatre mois avant sa tenue.
Or, selon le rapport, la police de Toronto passe généralement jusqu'à deux ans à planifier un événement aussi complexe que le G20.
Si plus de temps avait été disponible pour la planification de l'événement, les policiers auraient mieux fait leur travail, indique le rapport. L'information relayée par la police au Toronto Police Services Board aurait en outre été meilleure.
Le document montre également du doigt le chef de la police de Toronto, Bill Blair, qui n'aurait parlé avec le Toronto Police Services Board qu'en termes généraux des défis de planification. S'il l'avait informé de « façon plus détaillée » de ces préoccupations, le conseil aurait pressé Ottawa d'agir plus tôt.
Finalement, le rapport critique le Toronto Police Services Board pour ne pas avoir affirmé son rôle en tant qu'agent de surveillance. Le juge Morden lui recommande d'être plus proactif dans la sollicitation de renseignements auprès du chef de la police.
Le sommet du G20 de Toronto a été marqué par de violentes manifestations et l'arrestation de quelque 1100 personnes, la plus importante vague d'arrestations de l'histoire canadienne. L'ombudsman de l'Ontario, André Martin, avait qualifié les arrestations de « la pire attaque à l'endroit des libertés civiles de l'histoire du Canada ».
Trois mois après les événements, le Toronto Police Services Board a annoncé la nomination du juge Morden pour procéder à un examen civil indépendant du travail de la police lors du sommet du G20.
Le mois dernier, un rapport du Bureau ontarien du directeur indépendant de l'examen de la police accusait les policiers d'avoir usé d'une force excessive pendant le sommet du G20.


