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    France - Fusillade à Toulouse : les enquêteurs s'éloignent de la piste de militaires néonazis

    L'avion transportant les victimes de la tuerie de Toulouse a quitté Paris pour Israël.

    Pendant que les corps sont rapatriés en Israël et que la France leur rend hommage, leur bourreau court toujours. Quelque 200 policiers français poursuivent l'enquête dans le but d'identifier le tueur en série au scooter noir qui terrorise le sud de la France.

    Selon l'enquête policière, cet homme a tué un militaire à Toulouse le 11 mars, deux militaires à Montauban le 15 mars, avant d'abattre trois enfants et leur professeur d'une école juive de Toulouse le 19 mars. L'arme utilisée est la même pour tous les crimes et le même scooter a été identifié sur les lieux des fusillades.

    La piste des militaires « néonazis », qui faisait partie du lot d'hypothèses avancées au début de l'enquête, n'est plus privilégiée par la police française. Les policiers poursuivent la vérification de certaines informations issues de témoignages, mais aucune piste ne s'avère déterminante.

    Le ministre de l'Intérieur Claude Guéant a rappelé mardi matin que des « milliers de vérifications ont déjà été faites » dans cette enquête. Il a convenu que la piste des militaires néonazis avait été explorée. « Effectivement des enquêtes ont lieu sur des militaires qui ont pu être chassés de l'armée et qui pourraient avoir à l'esprit un désir de revanche (...) qui ont pu exprimer des opinions néonazies, ça c'est vrai (...) », a déclaré le ministre mardi. « C'est une piste, mais parmi d'autres, elle n'est pas spécialement privilégiée. »

    La piste des militaires néonazis tire son origine dans des événements néonazis qui ont eu lieu à Montauban. Trois militaires du 17e Régiment du génie parachutiste de Montauban - Régiment auquel appartenaient les trois militaires tués à Montauban les 11 et 15 mars - ont effectué des démonstrations nazies. Un militaire, qui a depuis quitté l'armée, a dénoncé les actes de ces collègues.

    Un militaire de Castres, ville de garnison de la région de Montauban, a même été interpellé le 16 mars avant d'être relâché.

    Les pistes racistes, antisémite, islamiste, xénophobe et même celle d'un déséquilibré sont explorées.

    Un tueur froid et déterminé

    Le ministre Guéant, a également déclaré mardi que le tueur portait une « petite caméra autour du cou », selon un témoin. « Je ne sais pas s'il filme tout, mais cet appareil a été vu effectivement. [...] Pour l'instant, le travail continue. Nous ne sommes pas plus avancés que cela », a souligné le ministre Guéant, sur les ondes d'Europe 1.« Dans mon esprit, cela serait de nature à conforter le profil psychologique de l'assassin », a déclaré le ministre, rappelant que « chacun présente (celui-ci) comme quelqu'un de très froid, très déterminé, très maître de lui dans ses gestes, de très cruel ».

    Psychiatre expert agréé par la Cour de cassation française et par la Cour pénale internationale, Pierre Lamothe avance que le tueur « se pense en « mission » et qu'il va la poursuivre ».

    Une minute de silence dans les écoles françaises

    Tous les établissements scolaires de la France ont observé une minute de silence, mardi matin, pour rendre hommage aux quatre victimes de la fusillade survenue la veille devant une école juive de Toulouse, dans le sud du pays.

    Le ministre de l'Éducation nationale, Luc Chatel, s'est rendu pour l'occasion dans une école d'Île-de-France, dans le centre de Paris, en compagnie du président français Nicolas Sarkozy.

    « C'est un drame, une tragédie épouvantable qui bouleverse les Français et qui touche en premier lieu l'école de la République, donc c'est important que dans chaque classe ce matin, il puisse y avoir un recueillement pour rendre hommage d'abord aux victimes, puis pour s'interroger sur ce type de drame », a expliqué Luc Chatel.

    « La République n'est pas à genoux face à ce crime odieux, elle fait face, elle va retrouver cet assassin. L'école de la République continue parce que c'est elle qui permet [...] de transmettre les valeurs et c'est l'esprit de cette minute de silence », a-t-il ajouté.

    Le tireur a ouvert le feu lundi matin sur un groupe de parents et d'élèves réunis devant l'école confessionnelle Ozar Hatorah, dans un quartier résidentiel, avant de prendre la fuite en scooter, selon les témoins.

    Une veillée funèbre a eu lieu cette nuit à l'école, et des milliers de personnes sont descendues dans les rues pour rendre hommage aux victimes : un professeur de 30 ans, ainsi que trois jeunes enfants de moins de 10 ans. Un jeune homme de 17 ans a également été grièvement blessé.

    La tuerie a provoqué horreur et indignation dans le monde et a mené à un renforcement des mesures de sécurité autour d'intérêts juifs dans certains pays d'Europe.

    Les corps des quatre victimes ont quitté Toulouse pour arriver à Paris d'où ils seront rapatriés en Israël, mardi. Les obsèques des quatre victimes doivent avoir lieu mercredi matin à Jérusalem.

    Radio-Canada.ca avec AFP, Reuters, BBC News et Le Figaro