Des histoires de maltraitance ou de négligence touchant les aînés du Québec apparaissent ponctuellement dans l'actualité. Parfois, le cas est tragique : le 2 janvier 2009, Willard Wilson, 94 ans, résident d'un CHSLD à Montréal, mourait des suites de blessures subies dans une baignoire d'eau brûlante.
D'autres histoires survenues dans des centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) ou d'autres résidences pour personnes âgées sont moins graves, et la plupart ne font pas les manchettes. Elles portent cependant sur des aspects de la vie courante qui prennent, en fin de vie, tout leur sens.
Avec l'annonce jeudi de la création de la Fédération des comités des usagers et de résidents du Québec (FCURQ), Me Paul Brunet, président du Conseil de la protection des malades, espère contribuer, à sa mesure, à humaniser le système, tant pour les malades que pour les personnes âgées.
La loi permet l'existence de comités dans les centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) privés, semi-privés et publics, mais non dans les résidences entièrement privées. La Fédération entend faire des représentations pour que des comités y voient le jour.
À travers le Québec, des centaines de comités d'usagers sont à l'oeuvre dans le réseau de la santé pour recueillir les plaintes. Formés de résidents bénévoles et de proches, ils sont en première ligne pour défendre les conditions de vie des personnes hébergées.
« Ils sont des sources intarissables d'information sur ce qui se passe localement », fait valoir Me Brunet, mais se retrouvent parfois seuls, portant à bout de bras des dossiers devant une administration qui fait parfois la sourde oreille.
Avec la fédération, les comités auront un intermédiaire entre eux et les directions d'établissement qui permettra de briser l'isolement ou l'impuissance de certains, et saura forcer les autorités de la santé à agir plus rapidement dans le traitement des plaintes.
La fédération mettra à leur service quatre avocats pour les aider à exécuter leur mandat, mais l'approche privilégiée sera celle de la collaboration, fait valoir Me Brunet, car, note-t-il d'expérience : « Quand vous quittez, ce sont les résidents qui vivent l'enfer si vous avez créé un climat de confrontation ».
« On fait tout ce qu'on peut pour que la chose reste privée, car faire des sorties publiques ne règle pas nécessairement la situation. Le travail avec les administrations en général se passe bien, mais il y a une marge de malcommodes », affirme-t-il.
Me Brunet croit que la fédération pourra notamment faire la différence dans les petites communautés. Il arrive en effet que le traitement des plaintes y soit ralenti en raison des liens étroits qui unissent les gens.
Le 13 décembre 2009, Maurice Gibeau, 84 ans, meurt d'insuffisance respiratoire aiguë dans la résidence Parc Jarry à Montréal. Le préposé à l'étage chargé de la surveillance avait débranché le système d'appel pour dormir.
La famille n'apprendra pas sur le coup les circonstances du décès qui lui seront révélées, quelques mois plus tard, par Radio-Canada.
Souvent, note Me Brunet, même les excuses ne sont pas au rendez-vous pour les proches des victimes.
C'est là, explique Me Brunet, qu'intervient la fédération, en montant de bons dossiers pour s'assurer que les recommandations soient suivies.
La création de la FCURQ a été saluée par l'Association québécoise d'établissements de santé et de services sociaux, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) ainsi que par le ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc.







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