Une fillette de 16 mois est morte noyée mercredi matin, dans la piscine familiale à Kirkland, dans l'ouest de l'île de Montréal.
Un appel a été fait au 911 vers 9 h 40. Les techniciens d'Urgences-santé se sont alors rendus au domicile de la rue du Labrador. Ils ont pratiqué des manoeuvres de réanimation sur la fillette, mais en vain. La mort de l'enfant a été constatée à son arrivée à l'hôpital.
L'événement serait de nature accidentelle. L'enquête a été transférée au bureau du coroner.
La mère croyait que son enfant était dans la maison avant de se rendre compte que celle-ci avait réussi à sortir. La piscine creusée n'étant pas clôturée, la fillette y serait tombée sans que personne ne s'en aperçoive.
Les ambulanciers ont trouvé la mère en état de choc. Le père de l'enfant est arrivé quelques instants plus tard, en proie lui aussi à de vives émotions.
Il s'agit de la 40e noyade à survenir au Québec depuis le début de l'année. C'est 15 de plus que l'an dernier. Mardi, les secouristes ont repêché le corps d'une jeune femme de 19 ans dans la rivière à Saint-Jean-sur-Richelieu.
Stéphane Smith, chef des opérations d'Urgences-santé à Montréal, confirme que l'organisation reçoit de nombreux appels cette année. Tous ne se soldent pas par des noyades, mais dans plusieurs des cas, un court moment d'inattention a précédé l'incident.
Depuis 2010, les règlements sur la sécurité des piscines ont été renforcés. Les piscines doivent notamment être clôturées pour en restreindre l'accès, particulièrement pour les enfants. De son côté, la Direction de la santé publique recommande fortement aux propriétaires de suivre un cours de réanimation afin de pouvoir entreprendre des manoeuvres en cas d'accident.
« C'est épouvantable, ajoute M. Smith. Et ce n'est pas parce que les gens ne sont pas avisés et qu'il n'y a pas de réglementations. Mais on dirait que c'est comme la vitesse et l'alcool au volant, » déplore-t-il.
Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, s'est montré lui aussi préoccupé par le nombre croissant de noyades. Il abonde dans le sens de la prévention et n'écarte pas de réfléchir à l'idée de forcer l'apprentissage de la nage au primaire.
« Il semblerait que le meilleur moment pour le faire, ce serait en 3e année [du primaire]. Je serais très ouvert, même si ça ne permettrait pas de prévenir toutes les noyades. Celle de la fillette de 16 mois n'aurait pas pu être sauvée avec cette formation, » a avancé le Dr Bolduc.
Entre 2000 et 2008, les décès en piscine résidentielle représentent 12 % du total des décès, tous plans d'eau confondus, selon un rapport du ministère de l'Éducation, des Loisirs et du Sport.
Presque le tiers des victimes en piscine résidentielle ont 5 ans ou moins, les jeunes enfants étant les personnes les plus à risque de se noyer dans ce type de bassin.
Les plans d'eau et piscines ne sont pas les seuls théâtres des tragédies. Les ambulanciers sont souvent appelés pour des poupons ou des enfants qui prennent tout simplement leur bain.
« L'enfant est dans le bain, le parent se retourne ou va répondre au téléphone, ce n'est que quelques secondes, mais souvent ça arrive. Parfois, on évite le pire, l'ambulance arrive et c'est réglé, » ajoute M. Smith.
Radio-Canada.ca avec PC






