La gestion de la forêt de la seigneurie Nicolas Riou, près de Sainte-Eugène-de-Ladrière, fait des mécontents. Même s'ils vivent à deux pas de cette forêt, des travailleurs forestiers du village doivent faire plus de deux heures de route par jour pour se rendre au travail. C'est que la Société d'exploitation dont ils sont membres, n'a pas obtenu le contrat de récolte forestière pour ce territoire.
La compagnie propriétaire de la forêt, Gestion Solifor, a attribué les droits de coupe au Groupement forestier de l'Est du lac Témiscouata. Ce sont donc des travailleurs de ce secteur qui travaillent à Saint-Eugène-de-Ladrière.
Le maire de la municipalité, Gilbert Pigeon, dénonce cette situation. « Ce qu'on aurait préféré, vu qu'il y a beaucoup de personnes qui travaillent pour la Société de la Neigette, c'est que ce soit la Société de la Neigette qui ait le contrat. Mais c'était un appel d'offres. C'est déplorable, et ce que je me fais dire par mes travailleurs ici à St-Eugène: "Hey, on pourrait travailler à cinq minutes!" », explique le maire.
Un ingénieur forestier de la Société d'exploitation des ressources de la Neigette affirme que le contrat de coupe de la seigneurie Nicolas Riou avait d'abord été prévu pour un an, mais qu'il a ensuite été prolongé d'année en année. Daniel Bélanger indique qu'en pratique, cela veut dire que la Société de la Neigette ne peut pas soumissionner.
Cette situation suscite l'incompréhension de plusieurs travailleurs forestiers de Sainte-Eugène-de-Ladrière. « Ils passent avec des beaux gros billots, du bois que nous autres, il fallait laisser debout, puis eux autres, ils coupent ça et ils ramassent ça! », s'exclame l'un d'eux.
Gestion Solifor défend sa façon de procéder. Le président, Raynald Arial indique qu'il est fort possible que l'entreprise renouvelle le contrat de coupe, si la satisfaction est au rendez-vous.
Par contre, il se dit ouvert à de nouvelles propositions, à condition qu'elles rencontrent toutes les exigences de Gestion Solifor.
D'après le reportage d'Isabelle Girard


