ACTIVITÉ DE VOS AMIS

    Entrevue - Patrice L'Ecuyer : chanson souvenir

    Ça fait 24 ans que Patrice L'Ecuyer entre dans nos salons sur une base quotidienne grâce au téléviseur, si longtemps qu'on a presque l'impression qu'il fait partie de la famille. Cet automne, ce sera au tour de Patrice de nous recevoir chez lui avec Un air de famille. L'animateur accueillera sur son plateau famille et amis, le temps d'une petite chanson et de beaucoup de plaisir.

    La scène comme terrain de jeu

    « C'est la vérité que j'aime là-dedans. Tous les gens qui travaillent à l'écran ont une espèce de personnage public qu'ils prennent lorsqu'ils sont à la télévision. Les gens qui sont dans un contexte comme celui d'Un air de famille, ça ne ment pas : c'est la réalité! Ce n'est pas de la téléréalité, c'est de la vérité. On n'est pas dupe, personne, on voit très bien ce qu'ils vivent. Il n'y pas de jeu, de faux-fuyant, on voit vraiment comment ils se sentent. »

    Patrice connaît bien l'effet grisant que la scène procure. La toute première fois qu'il l'a ressenti, il avait 21 ans. Fraîchement sorti du Cégep Lionel-Groulx, il entre alors à la Ligue nationale d'improvisation.

    « Je m'en souviens très bien, je peux te donner tous les détails. C'était le premier match de la saison. Je jouais contre Louise Forestier, des Rouges, et le titre de l'improvisation, c'était "Renversant". Je me suis jeté par terre et j'ai dit à Louise : "Eille! T'es malade! Tu ne sais pas chauffer!" J'ai eu un bon rire en partant, mais la suite de l'improvisation s'est moins bien déroulée. Je me suis dit : "Ça va être drôle", mais après ça, je n'ai pas livré la marchandise », conclut-il en riant.

    De toute évidence, ce faux départ n'aura laissé de souvenir que chez Patrice : il sera intronisé au Temple de la renommée de la LNI en 2007, avec 10 saisons en poche.

    En chantant

    À l'époque où Patrice faisait ses premiers pas comme comédien, il n'était pas rare de voir de jeunes finissants en théâtre tenter leur chance en musique, comme l'ont fait Normand Brathwaite et Yves Jacques. Patrice aurait-il osé une telle carrière si on lui en avait donné l'occasion?

    « On me l'a offert certain! J'ai dit non parce que je ne suis pas bon, mais avoir eu le talent, je l'aurais essayé, c'est sûr. La chanson, il n'y a rien de plus grisant que ça. Chanter devant un public, l'énergie qui se dégage d'un groupe, c'est absolument fabuleux. Avoir eu la voix, je l'aurais essayé, c'est sûr! »

    Pourtant, chez Patrice L'Ecuyer, ce ne sont pas les talents qui manquent! Jeu, animation, improvisation... L'animateur jouerait-il ici la carte de l'humilité?

    « Au niveau où j'en suis, je n'ai même pas besoin d'être humble, s'esclaffe-t-il. Je peux chanter des parodies, des trucs comme ça, c'est possible, mais chanter une belle chanson, non, ce n'est pas moi. Ce n'est pas mon truc pantoute, pantoute. Même dans ma famille... Mon père était musicien, mais pas chanteur. Chez nous, tout le monde joue du piano ou d'un instrument, mais on n'est pas chanson du tout! »

    Ce n'est toutefois pas parce qu'il manque cette petite corde à son arc que l'animateur n'est pas mélomane pour autant...

    « Il y a toujours de la musique chez nous. C'est très rare qu'il n'y en ait pas. On écoute la musique, on aime ça, mais ce qui nous unit, c'est la passion des voyages! Les enfants adorent voyager, voir des choses différentes. »

    Et si l'animateur préfère collectionner les souvenirs de voyage que les disques vinyle, la musique conserve toutefois un statut bien spécial dans sa vie. Elle accompagne bien de jolis souvenirs, dont celui d'un grand frisson ressenti sur une chanson du groupe The Stylistics, il y a de cela bien des années...

    « C'était le vendredi soir, dans le gymnase, à une danse. Je ne pognais pas dans ce temps-là - je ne pogne pas plus aujourd'hui, remarquez - et puis c'était la dernière danse. Il faisait chaud, on transpirait. Quand le dernier slow est arrivé et que You make me feel brand new a commencé, je me suis dit : "Je vais m'essayer! Ça a été mon premier french. »

    Une rencontre de Karyne Lefebvre