Pas moins de 28 dossiers non résolus de Manitobains disparus ou tués font l'objet d'une enquête attentive menée par une unité combinée de policiers de Winnipeg et d'agents fédéraux.
Le chef du service de police de Winnipeg, Keith McCaskill a précisé vendredi matin le mandat de l'unité Project Devote, une équipe de 18 personnes comprenant des agents et des analystes médico-légaux de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), ainsi que des policiers de Winnipeg.
Le Groupe de travail intégré pour les femmes disparues et assassinées au Manitoba s'est tout d'abord penché sur 84 cas durant près de deux ans, pour finalement se limiter, en mai 2011, à ceux qui avaient le plus de chances d'être résolus.
L'unité spéciale a fait les manchettes récemment lorsque les appels à une enquête publique provinciale puis nationale sur les femmes autochtones disparues ou assassinées se sont multipliés au Manitoba. Ces revendications faisaient suite à l'arrestation de Shawn Cameron Lamb, un homme au lourd passé criminel qui a été accusé des meurtres non prémédités de trois jeunes femmes de Winnipeg.
Par ailleurs, le grand chef de l'Assemblée des chefs du Manitoba a immédiatement réitéré son appel à une enquête publique nationale, dans un communiqué diffusé peu après l'annonce.
« Je suis soulagé pour les familles des 27 femmes et de l'homme dont les dossiers bénéficieront d'une attention spéciale [...] », a-t-il indiqué.
« Mais jusqu'à ce que la province du Manitoba reconnaisse que le problème des personnes disparues ou tuées est en train d'empirer dans la communauté autochtone, le projet Devote demeura limité dans son envergure et dans ses résultats », a tranché le grand chef Derek Nepinak.
Les 28 cas identifiés par l'équipe conjointe ne concernent pas seulement des femmes, ni des Autochtones, a fait savoir le chef McCaskill. Un homme fait partie de la liste des victimes qu'ont diffusée les autorités.
Le chef McCaskill a expliqué que l'équipe a décidé de se concentrer sur ces cas, car les victimes étaient jugées « à risque » ou « à risque élevé » d'être exploitées ou de souffrir d'agression physique. Elle aurait comparé les descriptions fournies sur des suspects ainsi que les informations qu'elle détenait sur leurs comportements à des indices contenus dans les 28 dossiers.
La GRC assure pour sa part que les 56 autres cas qu'avait étudiés l'équipe n'ont pas été abandonnés.
Elle invite toute personne détenant des informations sur l'un des cas étudiés à composer le 1-888-673-3316.


