Une opération policière visant 11 personnes du mouvement étudiant soupçonnées d'avoir commis des méfaits qui remontent au mois de mai et avril est en cours depuis jeudi matin.
Sept endroits ont été l'objet de perquisitions à Montréal et un autre en Montérégie. Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a procédé à cinq arrestations, dont celle de la fille du député Amir Khadir, que les policiers sont venus chercher à la résidence de ses parents, située rue Saint-Hubert, à Montréal. Yalda Machouf-Khadir fait déjà face à plusieurs accusations depuis le début du conflit étudiant.
Les policiers recherchent toujours six autres suspects.
Les individus arrêtés ou recherchés seraient derrière le saccage commis le 13 avril dans le bureau de circonscription de celle qui était alors ministre de l'Éducation, Line Beauchamp.
Ils sont aussi souçonnés d'avoir commis des actes de vandalisme le 12 avril à l'Université de Montréal et d'avoir lancé des briques sur les rails du métro le 16 avril.
L'incident des bombes fumigènes n'était pas visé par l'opération policière n'est pas lié aux bombes fumigènes.
Les personnes arrêtées resteront détenues jusqu'à leur comparution, vendredi, au palais de justice de Montréal. Elles devront répondre à différentes accusations, dont méfaits, complot, intimidation d'un membre du Parlement et incitation à craindre un acte terroriste, voies de fait sur un agent de la paix, voies de fait sur un caméraman et port de déguisement.
Le porte-parole du SPVM, Yannick Ouimet, a précisé que les enquêteurs demanderont que des mandats d'arrestation soient émis si les suspects ne sont pas arrêtés d'ici la fin de la journée.
Le père et député commentePère de Yalda Machouf-Khadir et co-porte-parole de Québec solidaire, Amir Khadir, a précisé que les policiers tentaient d'incriminer sa fille pour le rôle qu'elle aurait joué lors de l'occupation du bureau de Line Beauchamp. Selon lui, elle ferait face à des accusations de méfaits.
Le député de Mercier a toutefois rappelé que tous les accusés jouissent de la présomption d'innocence. Il souligne que sa fille et lui ne sont pas différents des autres manifestants et qu'ils sont tous égaux devant la loi. « Je ne crois pas qu'elle ait commis des actes d'intimidation », a-t-il dit.
« Ils venaient chercher ma fille et son copain, a expliqué plus tôt Nima Machouf, la mère de Yalda Machouf-Khadir. Ils avaient aussi un mandat pour chercher des preuves, selon eux, un certain nombre de vêtements, de souliers. Finalement, après quatre heures de visite, de fouille de la maison, ils sont partis avec quelques papiers, des journaux, des tracts. »
« C'est sûr qu'on est inquiet de ce qui va arriver », confie Mme Machouf. « Je me mets à la place de toutes ces mères et de ces familles qui vivent les mêmes choses en ce moment. » Elle estime que plusieurs étudiants se trouvent dans la ligne de mire du gouvernement. « On espère que la crise sera dénouée le plus tôt possible. [...] Tout le monde vit l'enfer », poursuit-elle.
Amir Khadir n'est pas surpris du militantisme de sa fille qui a grandi dans une famille politisée. Il a expliqué qu'en militant pour la justice, Yalda s'inscrit dans la tradition familiale. Il entend l'accompagner dans le processus judiciaire.
« Quand on fait de la résistance, ça vient avec », poursuit Mme Machouf. « Je suis sûr que tous ces gens qui tapent de la casserole tous les soirs dans la rue s'attendent aussi qu'un jour la police va débarquer chez eux parce qu'ils ont désobéi à la loi 78 nous empêche de manifester et tout ça. »
Après avoir commenté les derniers événements, M. Khadir a pourfendu les politiques du gouvernement libéral. Il accuse le premier ministre Jean Charest de diviser les Québécois afin d'imposer ses politiques qui ne satisfont, selon lui, que les élites économiques. Le député estime également que le chef du Parti libéral veut intimider les partis de l'opposition à l'Assemblée nationale et la population en général en associant le carré rouge à la violence.
M. Khadir a réitéré son opposition à la loi 78. Il soutient qu'avec elle, le gouvernement instrumentalise la police à des fins politiques.
Le député a lui-même été arrêté mardi soir à Québec lors d'une manifestation nocturne contre la hausse des droits de scolarité et contre la loi 78.
Des membres du gouvernement ont prudemment commenté les nouvelles arrestations. « Vous savez, les policiers font leur travail, et on s'attend à ce que [...] le processus normal des tribunaux suive », a déclaré Jean Charest.
« La police doit faire son travail et quand des gens viennent saccager des bureaux de député, des universités, des collèges, on espère toujours, comme citoyen, que la police trouve les coupables », a poursuivi le ministre des Finances, Raymond Bachand.
Quatre personnes - Roxanne Bélisle, Vanessa L'Écuyer, Geneviève Vaillancourt et François Vivier-Gagnon - doivent déjà répondre à des accusations de complot, de méfait ayant causé des dommages de plus de 5000 $ et d'incitation à craindre un acte terroriste relativement à l'affaire des engins fumigènes.
Un étudiant du cégep du Vieux-Montréal, Félix Généreux-Marotte, a pour sa part été accusé d'introduction par effraction, de méfait, de vol et de complot dans la foulée des évènements survenus au bureau de l'ex-ministre Beauchamp.
Yalda Machouf-Khadir, François Vivier-Gagnon et Félix Généreux-Marotte sont aussi accusés d'avoir commis des méfaits à l'intérieur du Cégep du Vieux-Montréal dans la nuit du 16 au 17 février. Une trentaine d'étudiants ont été accusés relativement à cette affaire.







