La fusillade survenue tard lundi soir à Toronto a fait 2 morts et 23 blessés. La police craint maintenant des représailles.
Les deux personnes qui ont perdu la vie sont Shyanne Charles, 14 ans, et Joshua Yasay, 23 ans.
Un homme est toujours dans un état critique. En ce qui concerne les autres blessés, qui sont âgés de 22 mois à 23 ans, « on s'attend à ce qu'ils s'en remettent », a précisé Bill Blair, le chef du Service de police de Toronto. Certains d'entre eux ont reçu leur congé de l'hôpital mardi matin.
La fusillade s'est produite lundi vers 22 h 40 lors d'un grand barbecue extérieur organisé dans le quartier East End de la capitale ontarienne. L'une des organisatrices de l'événement, Shannon Longshaw, se désole du drame, puisque le rassemblement devait servir à rapprocher les enfants et les familles de la communauté.
« Beaucoup de personnes innocentes ont été blessées dans l'échange de tirs », a expliqué M. Blair. « Certaines victimes auraient été blessées dans le mouvement de panique survenu à la suite de la fusillade », a pour sa part précisé l'agente Wendy Drummond, de la police de Toronto.
Quelque 200 personnes participaient à la fête, qui, selon un témoin, se déroulait pourtant dans la joie et la bonne humeur.
L'adolescente tuée résidait près du lieu de la fusillade. Ses amies, en entrevue à CBC, l'ont décrite comme étant une bonne élève et une personne généreuse.
Le jeune homme décédé était originaire d'Ajax, en banlieue de Toronto. Il travaillait comme gardien de sécurité et était bénévole dans une organisation pour les jeunes en difficulté. Il avait obtenu un baccalauréat en criminologie en 2011.
Le chef de police a indiqué que deux individus armés avaient ouvert le feu et qu'il y a « des indications assez fiables qu'il y aurait peut-être l'implication d'un gang ». « Nous enquêtons sur ce filon-là, a poursuivi Bill Blair. À la fois avec la Brigade des homicides et le Groupe d'enquête sur les gangs et les armes à feu. » Selon les policiers, chaque tireur s'en est pris à l'autre; les 25 victimes n'étaient pas des cibles.
La police est à la recherche des suspects et demande à quiconque aurait été témoin de la scène de communiquer avec elle, notamment pour lui fournir les images qui auraient pu être filmées avant que la fusillade n'éclate.
Pour communiquer avec la police de l'Ontario : 416-808-7400.
Les autorités policières craignent à présent « des ripostes », a expliqué M. Blair. Pour prévenir une éventuelle vengeance et rassurer la population, des agents supplémentaires, en uniforme, doivent être déployés dans le quartier East End et partout où la police de Toronto estimera que c'est nécessaire.
Cette nouvelle fusillade déconcerte, choque et bouleverse les Torontois. Beaucoup de résidents craignent maintenant que d'autres violences motivées par la vengeance ne surviennent dans le secteur. Environ une cinquantaine d'entre eux se sont réunis mardi soir pour dénoncer cette violence, rassemblement au cours duquel la Ligue des droits de la personne a notamment tenu un discours.
Cette fusillade « est le pire cas de violence armée dans l'histoire de notre ville », a rappelé M. Blair. Elle survient un mois et demi après celle survenue au Centre Eaton de Toronto, qui avait fait deux morts et cinq blessés par balle, dont un adolescent de 13 ans.
À la suite de ces événements, le maire de Toronto, Rob Ford, s'est exprimé mardi lors d'un point de presse pour présenter ses condoléances aux familles des victimes.
M. Ford refuse de faire un lien entre ces deux fusillades et la hausse de la criminalité sur son territoire. « Ce sont des incidents isolés », estime-t-il. « Je ne crois pas que Toronto soit comme Détroit. Toronto est la ville la plus sécuritaire d'Amérique du Nord. »
La capitale ontarienne connaît pourtant une augmentation de 32 % du nombre de fusillades comparativement à la même période l'an dernier.
Seize personnes ont été victimes d'un crime par arme à feu dans les rues de la Ville Reine depuis le début de l'année, alors qu'on en comptait 14 l'année dernière, pour la même période.
La fusillade mortelle a poussé le ministre fédéral de la Sécurité publique, Vic Toews, à critiquer les tribunaux canadiens pour avoir supprimé les peines minimales obligatoires pour les crimes liés aux armes à feu.
« Nous sommes extrêmement inquiets face à ce genre de décisions des tribunaux, parce que les armes à feu illégales - et surtout celles provenant des États-Unis - [...], les peines minimales sont absolument essentielles pour créer un élément de dissuasion puissant contre ce type d'activités », a-t-il lancé, lors d'une entrevue accordée à la station Golden West Radio.
« Je suis inquiet que certains tribunaux aient invalidé les peines de prison obligatoires pour ceux qui possèdent illégalement des armes à feu », a-t-il ajouté.
En février, une juge de la Cour supérieure de l'Ontario avait notamment soutenu qu'imposer une peine minimale de trois ans pour une première condamnation pour la possession d'une arme à feu prohibée chargée était cruel et inusité et que cela violait la Charte canadienne des droits et libertés.
Radio-Canada.ca avec AFP et PC







