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    Des dizaines de soldats syriens se réfugient en Turquie

    Quatre-vingt-cinq militaires syriens, dont un général, se sont réfugiés lundi en Turquie, selon la télévision turque, alors que les rencontres internationales se succèdent pour tenter de trouver une sortie de crise dans ce pays secoué par ce que l'ONU considère une guerre civile.

    Parmi les 85 militaires qui ont fait défection figurent un général, un colonel, un lieutenant-colonel et 18 autres officiers, rapporte l'agence Anatolie, citant les autorités locales.

    Cela porte à 14 le nombre de généraux syriens qui ont fui en Turquie. La Turquie abrite plus de 35 000 réfugiés syriens et des déserteurs de l'armée syrienne dans des camps situés dans plusieurs provinces se trouvant à la frontière entre la Turquie et la Syrie.

    Pendant ce temps, des hélicoptères de combat syriens bombardaient lundi les faubourgs de Damas.

    Les combats se multiplient depuis plusieurs semaines aux portes de la capitale syrienne et sont de plus en plus durs sur le reste du territoire, où le soulèvement contre le régime du président Bachar Al-Assad prend chaque jour un peu plus les allures d'une guerre civile.

    Les forces gouvernementales sont passées à l'offensive samedi à Douma, fief de l'opposition dans la banlieue de Damas, laissant les rues jonchées de cadavres.

    « Le bombardement de Douma s'est poursuivi aujourd'hui avec des hélicoptères. Des insurgés y sont entrés et ils ont vu au moins sept corps qui se décomposaient au soleil dans les rues. Un homme a été exécuté dans sa maison », a rapporté à l'agence Reuters Mohamed Doumany, un opposant qui a fui il y a deux jours.

    La Turquie a quant à elle dépêché des avions de chasse à la frontière syrienne après l'échec de nouveaux efforts diplomatiques.

    Depuis la destruction d'un avion de combat turc par la Syrie, le 22 juin, la tension est vive entre les deux pays voisins, autrefois alliés.

    Les pays appellent l'opposition syrienne à s'unir

    La Ligue arabe et la Turquie ont exhorté lundi l'opposition syrienne à surmonter ses divisions afin de se présenter en force alternative crédible face au régime de Bachar Al-Assad.

    Cet appel lancé au premier de deux jours d'une réunion au Caire, en Égypte, a trouvé peu d'écho au sein d'une opposition divisée selon deux lignes de fracture principales, entre islamistes et laïcs d'une part, et entre Syriens de l'intérieur et exilés d'autre part.

    D'ailleurs, les rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL), force armée d'opposition principalement composée de soldats déserteurs, ont boycotté la rencontre qualifiée de « complot », rejetant toute négociation avec le régime, selon un communiqué signé de l'ASL et de militants « indépendants ».

    Par ailleurs, la Haute-commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme, Navi Pillay, a plaidé lundi à New York pour la saisie par la Cour pénale internationale du dossier syrien, actuellement entre les mains du Conseil de sécurité de l'ONU.

    Elle a également appelé au renforcement de la Mission de supervision de l'ONU en Syrie (MISNUS) « pour lui permettre de rendre compte efficacement de la situation des droits de l'homme » en Syrie.

    Accusant le gouvernement et l'opposition en Syrie de nouvelles violations « graves » des droits de l'homme, elle a affirmé qu'une plus grande militarisation du conflit doit être évitée « à tout prix ».

    Samedi à Genève, le Groupe d'action sur la Syrie, réunissant les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (États-Unis, Chine, Russie, France et Grande-Bretagne), la Turquie et des pays représentant la Ligue arabe, a trouvé un accord sur les principes d'une transition en Syrie.

    L'accord prévoit un gouvernement de transition politique qui pourra inclure des membres du gouvernement actuel et de l'opposition, mais le Conseil national syrien (la principale coalition d'opposition au régime) a regretté qu'il ne comprenne « pas de mécanisme de travail clair ni de calendrier, laissant le régime impuni », et réclamé à nouveau le départ de Bachar Al-Assad.

    Le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a appelé lundi la communauté internationale à s'entendre sans délai pour mettre en oeuvre une solution politique en Syrie, en réaffirmant qu'une intervention militaire de l'Alliance n'était pas envisagée.

    Radio-Canada.ca avec AFP, Associated Press et Reuters