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    Le nouveau candidat péquiste Pierre Duchesne défend son intégrité

    L'ex-journaliste et candidat péquiste Pierre Duchesne assure qu'il n'a eu « aucun contact avec aucun parti politique pour discuter d'une candidature » alors qu'il était analyste politique sur la colline Parlementaire pour le compte de Radio-Canada.

    Celui qui briguera l'investiture péquiste dans la circonscription de Borduas, en Montérégie, s'est appliqué à défendre son intégrité lors d'une conférence de presse tenue vendredi au manoir Rouville-Campbell, à Mont-Saint-Hilaire.

    M. Duchesne, qui a quitté son poste d'analyste politique à Québec le 15 juin, a affirmé qu'il avait été contacté pour une première fois par la chef de cabinet de la chef péquiste Pauline Marois, Nicole Stafford, il y a un peu plus de 10 jours.

    Il affirme avoir rencontré Pauline Marois au sujet de sa candidature pour une première fois mercredi, après avoir réfléchi à la proposition de Mme Stafford pendant une semaine. Le contexte pré-électoral, a-t-il précisé, exigeait une réponse rapide.

    Extrait d'une note interne de Radio-Canada

    « M. Duchesne n'est plus à l'emploi de Radio-Canada, ce départ a été annoncé le 5 juin dernier. La suite de sa carrière ne concerne que lui.

    Tout au long de sa carrière à l'emploi de Radio-Canada, M. Duchesne était assujetti aux normes et pratiques journalistiques qui régissent le travail des journalistes de Radio-Canada, normes qu'il a respectées.

    Quelles qu'auraient pu être les intentions de M. Duchesne quant à son avenir professionnel ou politique, il n'en a pas informé Radio-Canada. »

    L'ex-journaliste dit qu'on ne lui a jamais mentionné qu'une circonscription lui avait été réservée. Il souligne cependant que tous les partis réservent des circonscriptions à des candidatures prestigieuses.

    M. Duchesne y est par ailleurs allé d'une profession de foi souverainiste, en déclarant que le Québec « ne peut se suffire, ne peut pas prendre son expansion à l'intérieur de frontières provinciales ».

    Il a d'ailleurs fustigé les politiques néo-conservatrices du gouvernement Harper.

    Une controverse qui couve depuis une semaine

    Le poste d'analyste politique qu'occupait Pierre Duchesne exige objectivité et neutralité, des qualités situées aux antipodes de celles normalement valorisées dans le milieu de la politique partisane.

    Le Parti libéral du Québec a d'ailleurs annoncé dans les minutes précédant sa conférence de presse qu'il portait plainte contre Pierre Duchesne au Conseil de presse et à l'ombudsman de Radio-Canada.

    Le quotidien La Presse a affirmé la fin de semaine dernière que la direction du PQ a prévenu l'ex-députée bloquiste Carole Lavallée, il y a trois mois, que la circonscription de Borduas était réservée « à un candidat-vedette de Radio-Canada ».

    Cette révélation a poussé Jean Charest à mettre en doute l'intégrité de Pierre Duchesne. Le premier ministre du Québec a suggéré plus tôt cette semaine que l'ex-journaliste avait peut-être un ordre du jour caché lors de ses derniers mois sur la colline Parlementaire.

    La classe politique « aime bien faire face aux gens à visage découvert », a-t-il laissé tomber.

    Jeudi, la chef du Parti québécois Pauline Marois a confirmé que Pierre Duchesne briguera les suffrages dans Borduas, confirmant du coup les rumeurs qui circulaient depuis la fin de semaine.

    Elle a nié que la circonscription était réservée à M. Duchesne depuis des mois.

    Pauline Marois a affirmé qu'elle avait rencontré Pierre Duchesne une première fois mercredi, à Québec. L'organisation du Parti québécois l'avait rencontré il y a une dizaine de jours, a-t-elle affirmé.

    C'est le Parti québécois qui a approché Pierre Duchesne, a-t-elle ajouté. « Quand on a vu qu'il démissionnait, ça nous a facilité la tâche », a dit la chef péquiste.

    Pauline Marois a expliqué que l'intérêt de son parti pour l'ex-journaliste s'expliquait notamment par son travail de biographe de l'ex-premier ministre du Québec, Jacques Parizeau.

    Elle a défendu l'intégrité de son candidat vedette, et a invité le premier ministre Charest « à aller voir les reportages de M. Duchesne pour savoir s'il était complaisant avec le Parti québécois ».

    « Je pense que ce n'était pas vraiment le cas », a-t-elle ajouté.

    La candidature de Pierre Duchesne se confirme au moment où les rumeurs au sujet d'une élection générale à la fin de l'été vont bon train.