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    - Partielle dans Argenteuil : les libéraux prennent acte du « message »

    Au lendemain de leur défaite dans Argenteuil, les libéraux ont tenté de minimiser l'importance de la perte de ce château fort au profit des péquistes, concédant toutefois que les électeurs ont lancé un message à leur gouvernement.

    « On a perdu une partielle, c'est toujours un message. C'est parce que les électeurs veulent, soit parce qu'ils restent chez eux, soit parce qu'ils votent, passer un message sans conséquence parce qu'ils ne changent pas le gouvernement », a déclaré mardi le ministre des Finances, Raymond Bachand.

    Les libéraux ne veulent pas davantage s'avancer sur les raisons pour lesquelles ce bastion qu'ils détenaient depuis 46 ans a basculé dans le camp de l'opposition officielle. Chose certaine, ils ne veulent pas voir Argenteuil comme une circonscription baromètre de l'opinion publique.

    « On a [pris] des décisions qui sont impopulaires, mais on n'est pas là pour être populaires. On est là pour gouverner et faire les bonnes choses. Ce qui m'importe, moi, c'est que la majorité silencieuse se prononce aux prochaines élections générales, et pour ça, ça va prendre des taux de participation élevés », a affirmé le ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Clément Gignac.

    Le PQ pavoise

    De son côté, le Parti québécois savoure la victoire, d'autant plus qu'il y a un an, presque jour pour jour, la formation souverainiste était secouée par une importante crise autour du projet de loi 204 sur la gestion du nouvel amphithéâtre de Québec.

    La chef de la formation, Pauline Marois, est d'avis que les libéraux ont fait les frais de leur inaptitude à gérer la contestation de sa décision de hausser les droits de scolarité. « Moi, je crois qu'il y a un message très clair de très grands mécontentements. Pour toutes sortes de raisons, elles sont multiples. La première, c'est qu'il n'a pas su gérer le conflit étudiant qui dure depuis trois mois. Il l'a laissé même dégénérer, et on sait que tout ce qui traîne se salit », a laissé tomber la députée de Charlevoix, reprenant des propos que l'ancienne ministre libérale Monique Jérôme-Forget avait déclarés au Journal de Montréal à la fin mai.

    « M. Charest, depuis des mois, utilise la crise pour éviter de parler de son bilan, de parler des dossiers importants, de parler du rapport du vérificateur. Cette stratégie n'a pas fonctionné », a renchéri le leader parlementaire de l'opposition officielle, Stéphane Bédard.

    Le député de Matane Pascal Bérubé pense quant à lui que les résultats du scrutin sont la preuve que les libéraux ont eu tort d'associer les péquistes aux troubles survenus dans la foulée du conflit étudiant. Il a qualifié le moral des troupes de son parti de « survolté ». « Je pense qu'Argenteuil peut être le prélude de la suite, et pour les libéraux, bien, on notera que la chute commence à Lachute », a-t-il affirmé.

    Le PQ se dit plus prêt que jamais pour des élections générales, admettant toutefois que dans les circonstances, l'intérêt des libéraux pour un scénario qui prévoirait un déclenchement en août et un scrutin en septembre risque de diminuer.

    Lors de ces élections partielles, les libéraux sont cependant parvenus à conserver la circonscription de LaFontaine, dans l'est de Montréal, dans leur giron depuis 27 ans.

    « Un verre à moitié plein », selon François Legault

    Arrivée en troisième place dans les deux circonscriptions, le lendemain électoral est douloureux pour la Coalition avenir Québec (CAQ). À la lumière des pertes essuyées par le Parti libéral et des gains réalisés par le Parti québécois, François Legault croit toutefois que les résultats de son parti ne sont pas aussi décevants qu'ils peuvent paraître.

    Il considère qu'une campagne électorale de 35 jours leur profitera, puisque selon lui, de nombreux électeurs ne connaissent pas encore les propositions de la CAQ. Il croit aussi que les Québécois veulent entendre parler d'autres sujets que la hausse des droits de scolarité.

    « C'est bien beau de parler d'égalité des chances et de parler de nos jeunes. Mais nos jeunes, c'est aussi voir comment on réduit le décrochage dans les milieux défavorisés, comment on trouve des jobs payantes pour nos jeunes. Ça ne peut pas être seulement ce qu'on voit depuis quatre mois. », a ajouté M. Legault.