« Le monde a besoin de l'approche canadienne », c'est ce qu'a déclaré le premier ministre du Canada, Stephen Harper, lundi après-midi, lors de la première journée du Forum économique international des Amériques, à Montréal.
Le premier ministre a encore une fois vanté les performances économiques du Canada, soulignant qu'il est l'un des pays qui ont le mieux résisté à la crise financière, et rappelant les moyens de sa réussite : tout mettre en oeuvre pour permettre la croissance de l'économie, tout en gardant une politique budgétaire sévère.
M. Harper a toutefois tenu à souligner qu'il ne souhaitait pas imposer la façon de faire canadienne, bien qu'il pense qu'elle soit un exemple à suivre pour aller vers la prospérité.
Stephen Harper n'est pas le seul à vanter les mérites de la croissance couplée à une discipline budgétaire rigoureuse lors du forum. Son discours est repris, entre autres par certains responsables européens.
« Il n'existe pas de contradiction entre ces deux objectifs. Ils sont au contraire complémentaires », a déclaré à ce sujet le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, de passage à Montréal.
Christian Noyer a également plaidé pour une intégration plus forte en Europe. « La véritable nécessité pour la zone euro à l'heure actuelle, c'est de progresser vers une union économique et financière plus cohérente et plus intégrée », a-t-il dit.
Par ailleurs, commentant l'actualité de la fin de semaine, le commissaire européen au Marché intérieur et aux Services financiers, Michel Barnier, a déclaré dans un discours que le renflouement des banques espagnoles constitue une nouvelle preuve que l'Union européenne fonctionne.
Selon lui, les Européens ont retrouvé la confiance « les uns avec les autres ». M. Barnier croit que bientôt, le reste du monde fera de même envers l'Europe.
L'ancien ministre français a toutefois reconnu que les Européens faisaient face à « un moment de vérité » qui testera le « courage » des dirigeants du continent. La question, a-t-il dit, « est de savoir si nous allons plus loin en franchissant une nouvelle étape dans le partage de nos souverainetés nationales ou si nous reculons » comme le souhaitent « les mouvements populistes et protectionnistes ».
Jusqu'à jeudi, plus de 150 conférenciers apporteront de l'information aux quelque 3000 participants qui sont attendus pendant les quatre journées de la 18e édition de cet événement. L'objectif de la rencontre est de favoriser pour les participants une meilleure compréhension des perspectives que soulève la nouvelle carte économique mondiale.
Le président du Forum, l'ex-ministre Gil Rémillard, assure que la récession à laquelle fait face l'Union européenne, la fragilité de la zone euro, l'économie asiatique et la situation économique des États-Unis figureront au sommet de l'ordre du jour.
Parmi les conférenciers de marque figurent Alan Greenspan, ex-président de la Réserve fédérale américaine; Mark Carney, gouverneur de la Banque du Canada; Gary Doer, ambassadeur du Canada aux États-Unis, et David Jacobson, son homologue américain à Ottawa; Shaukat Aziz, ancien premier ministre du Pakistan, de même qu'une multitude de représentants du monde politique et du milieu des affaires.
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Dans le cadre de cette conférence, Gérald Fillion reçoit lundi le commissaire européen au Marché intérieur et aux Services financiers, Michel Barnier, à RDI économie dès 18 h 30 (HE). Mardi, le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, est l'invité de l'émission.
Radio-Canada.ca avec PC et Reuters


