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    - Crise de la dette : réunion d'urgence du G7

    Les ministres des Finances des pays du G7 ont convenu mardi de travailler de concert pour résoudre les problèmes de la Grèce et de l'Espagne, à l'issu d'une conférence téléphonique consacrée à la crise de la dette de la zone euro.

    « Le camp européen a déclaré qu'il répondrait rapidement » à la crise, a précisé le japonais Jun Azumi, les ministres étant « parvenus à un diagnostic commun sur la [situation] ».

    M. Azumi a ajouté que le Japon s'inquiétait de l'impact de la situation économique en Europe sur la hausse du yen et la baisse des bourses. L'ascension rapide du yen pénalise en effet lourdement les exportateurs nippons.

    « Je leur ai dit franchement que les conditions actuelles sur le marché des changes sont très sévères pour l'économie japonaise et ont des effets très négatifs sur l'économie japonaise », a-t-il expliqué à des journalistes à Tokyo.

    Les États-Unis ont par ailleurs appelé les Européens à prendre « d'autres mesures » pour résoudre la crise et « renforcer le système bancaire européen », puisque « les marchés restent sceptiques », a noté un responsable du département du Trésor.

    Selon un analyste interviewé par l'agence Reuters, la conférence téléphonique des ministres des Finances n'a servi qu'à faire le point sur la situation, alors que les investisseurs attendaient plutôt une solution.

    Les ministres des Finances de la France, de l'Allemagne, de l'Italie, du Japon, du Royaume-Uni, des États-Unis et du Canada ont participé à la discussion.

    Une réunion de la Banque centrale européenne (BCE) est prévue mercredi, alors que le président de la Réserve fédérale des États-Unis (Fed), Ben Bernanke, prononcera un discours jeudi.

    L'Espagne sous la loupe

    La situation espagnole inquiète particulièrement les membres du Groupe des 7, alors que la Grèce, l'Irlande et le Portugal bénéficient déjà de plans internationaux de sauvetage.

    Les coûts élevés d'emprunt pour l'Espagne lui ferment la porte des marchés financiers, a déclaré mardi le ministre du Trésor, Cristobal Montoro. Pour emprunter, Madrid doit offrir aux investisseurs 6,3 % d'intérêt pour ses obligations sur 10 ans. À titre de comparaison, l'Allemagne n'a à payer que 1,2 %.

    L'Espagne doit refinancer sa dette à hauteur de 106 milliards de dollars et aider ses régions autonomes à payer 21 milliards de dollars. Elle doit aussi trouver 25 milliards pour recapitaliser Bankia, la quatrième banque du pays en importance.

    Madrid jaugera jeudi l'appétit des investisseurs pour ses obligations en tentant d'emprunter entre un et deux milliards d'euros.

    L'Espagne représente 12 % de l'économie européenne, soit deux fois le poids de la Grèce, du Portugal et de l'Irlande réunis. La relance de ces trois derniers pays a coûté 600 milliards de dollars jusqu'à maintenant.

    Par ailleurs, le taux de chômage a atteint un sommet dans la zone euro en avril, à 11 %. Du jamais vu depuis la création de l'union monétaire. L'Espagne occupe toujours la première place du palmarès avec le taux de chômage le plus élevé d'Europe, soit 24,3 %. Chez les 25 ans et moins, ce taux est de plus de 50 %.

    La directrice générale du Fonds monétaire internationale (FMI), Christine Lagarde, a affirmé en entrevue mardi que la Banque centrale européenne avait une marge suffisante pour abaisser ses taux d'intérêt, mais nié que des discussions avaient été entreprises avec l'Espagne par rapport à une aide éventuelle, rapporte l'agence Reuters.

    Flaherty préoccupé

    Lundi, le ministre canadien des Finances, Jim Flaherty, s'est dit très préoccupé par la crise de la dette en Europe, ajoutant qu'il serait prêt à intervenir pour relancer l'économie du pays si cela devenait nécessaire.

    En plus des ministres des Finances du G7, M. Flaherty a précisé que certains des membres non européens du G20, préoccupés par les conséquences potentielles d'une crise dans la zone euro, ont aussi participé à la conférence téléphonique.

    Radio-Canada.ca avec Reuters et AFP