L'armée syrienne a lancé samedi matin une contre-offensive pour reprendre les secteurs rebelles à Alep, deuxième ville de Syrie et enjeu crucial du conflit.
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), organisme basé à Londres, les troupes de Bachar Al-Assad ont commencé à cibler plusieurs quartiers qu'ils veulent reprendre aux insurgés, dont Saladine, « qui compte le plus grand nombre de rebelles ».
« Des hélicoptères prennent part à l'assaut à l'entrée de Saladine et bombardent le quartier », indique l'OSDH dans un communiqué envoyé par courriel. Selon des militants et des insurgés, une centaine de chars ont également été déployés aux abords du quartier, où des combats violents se déroulent.
Au moins dix soldats et six rebelles ont été tués depuis le début de l'assaut, selon l'OSDH, soulignant qu'il s'agit des « combats les plus violents » depuis le début de l'insurrection en mars 2011. Ailleurs dans le pays, 31 personnes, soit 14 civils, 13 rebelles et 4 soldats, ont été tuées, selon la même source.
Entre-temps, plusieurs habitants d'Alep fuyant les bombardements ont trouvé refuge dans les écoles et dans le sous-sol de maisons, indique un militant, tandis qu'un mouvement d'exode était noté dans certains quartiers comme al-Soukkari, selon un correspondant de l'AFP.
« Il y a des milliers de personnes dans les rues fuyant les bombardements, elles sont terrorisées par les hélicoptères volant à basse altitude », a précisé un porte-parole d'un réseau de militants à Alep.
L'assaut de l'armée syrienne a été donné plus d'une semaine après l'ouverture de ce nouveau front le 20 juillet, l'armée ayant pu reprendre le dessus dans la capitale Damas qui a également connu de violents combats.
En attendant des renforts, l'armée avait pilonné pendant plusieurs jours les quartiers rebelles d'Alep en préparation de ce qu'un journal proche du pouvoir qualifiait de « Mère de toutes les batailles ».
L'enjeu est crucial pour les rebelles, qui cherchent à créer une zone protégée dans le Nord, mais également pour le président Bachar Al-Assad. « Pour le régime, c'est une ville dans laquelle il a beaucoup d'alliés, notamment parmi les hommes d'affaires sur lesquels il compte pour financer une partie de son effort de guerre », a souligné Ignace Leverrier, ex-diplomate français en poste en Syrie.
L'armée, qui déclarait vendredi avoir reçu « presque » tous ses renforts, entend déloger les rebelles, retranchés dans les ruelles étroites dans la ville de 2,5 millions d'habitants. Cela « rendra difficile la bataille », indiquait une source de sécurité syrienne à l'AFP.
En entretien à Radio-Canada, le directeur des opérations à Médecins sans frontières, Olivier Maizoué, a plaidé en faveur d'une trêve ou d'un corridor humanitaire pour pouvoir porter secours aux victimes du conflit.
L'organisation basée à Genève, qui aide des réfugiés syriens en Turquie, en Irak, en Jordanie et au Liban, se heurte toujours au refus des autorités locales d'intervenir en Syrie.
« Ce qui est le plus inquiétant d'un point de vue humanitaire, c'est que les hôpitaux ne sont plus des lieux neutres où les gens peuvent se faire soigner », dénonce-t-il.
Notant la présence de 39 000 réfugiés syriens en Jordanie, Dominique Hyde, représentante de l'UNICEF en Jordanie, décrie pour sa part une situation « qui se déteriore depuis les deux ou trois dernières semaines ».
« [Les réfugiés] arrivent en mauvais état, démunis et la majorité sont des femmes et des enfants », raconte-t-elle.
Radio-Canada.ca avec AFP et Reuters


