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    Conflit étudiant: les étudiants choqués par l'offre du gouvernement

    La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) ont critiqué mercredi les mesures de bonification du programme d'accessibilité aux études du gouvernement Charest.

    La présidente de la FEUQ, Mardine Desjardins, a indiqué que son association a été choquée lorsqu'elle a pris connaissance du projet de loi qui modifie les règlements à l'aide financière. Selon elle, il y aura « une explosion du plafond de prêt et, par conséquent, une explosion de l'endettement ». « Un étudiant verra son endettement tripler au cours des premières années de l'application du programme de l'aide financière aux études, dit bonifié », a-t-elle affirmé.

    Martine Desjardins affirme que les coûts de gestion liés à cette nouvelle formule augmenteront « puisqu'il va y avoir une hausse de l'achalandage étudiant dans ces programmes de prêts et bourses ».

    Ce sont les étudiants et les contribuables qui devront payer pour « l'ego politique du gouvernement », a-t-elle ajouté.

    « Un étudiant qui veut avoir accès au programme des prêts et bourses, dont les parents gagnent entre 45 000 et 60 000 $ verra son taux d'endettement augmenter de 2,5 fois », a fait valoir la leader étudiante.

    Elle estime que le gouvernement aurait « mieux fait de bonifier les dépenses admises, de geler les frais de scolarité et de faire une réelle évaluation des besoins. »

    Selon Mme Desjardins, les étudiants issus des milieux défavorisés ou des classes moyennes auront accès aux études, mais pour certains étudiants, « l'endettement perdurera toute leur vie ».

    Pour illustrer son propos, Mme Desjardins a donné l'exemple d'un étudiant en éducation qui, après un baccalauréat, aura une dette de 21 000 $. Le salaire d'un enseignant en première année se situe entre 30 000 $ et 40 000 $, selon son parcours universitaire. Ce qui veut dire, selon la présidente de la FEUQ, que la dette d'étude représentera la moitié de ses revenus lors de sa première année de travail.

    Pour la présidente de la FECQ, Éliane Laberge, la bonification du programme est une « solution empoisonnée, pas une solution réelle ». À son avis, les étudiants collégiens seront particulièrement touchés par ce programme.

    Elle a par ailleurs souligné que l'endettement est la principale cause du décrochage postsecondaire et a dit croire qu'il y aura moins d'étudiants inscrits en raison de la hausse des frais de scolarité.

    La FECQ et la FEUQ ont annoncé qu'ils allaient présenter leur analyse au Comité consultatif sur l'accessibilité financière aux études, le 18 juin.