Plusieurs manifestations réunissant professionnels de la santé et défenseur des droits des réfugiés étaient prévues pour lundi, afin de convaincre Ottawa de renoncer à couper dans les soins de santé fournis aux demandeurs d'asile.
Les protestataires devaient tenir leurs rassemblements dans 14 villes canadiennes vers midi, de Saint-Jean à Vancouver, en passant par Inuvik, dans les Territoires du Nord-Ouest.
À Winnipeg, les manifestants se sont réunis à La Fourche.
Un des participants manitobains, le Dr Félicien Rubayita, a relaté qu'il avait été surpris par la décision du gouvernement de ne plus inclure, à compter du 30 juin, les soins de santé complémentaires, comme les soins pharmaceutiques, les soins dentaires, les soins de la vue ainsi que les appareils d'aide à la mobilité dans le Programme fédéral de santé intérimaire (PFSI) pour les réfugiés.
Le ministre de la Citoyenneté, de l'Immigration et du Multiculturalisme, Jason Kenney, justifiait la décision du gouvernement par un souci d'équité.
« Nous ne voulons pas demander [aux Canadiens] de payer pour que les personnes protégées et les demandeurs d'asile aient accès à un régime de soins de santé plus généreux que celui auquel ils ont eux-mêmes droit », expliquait-il dans un communiqué daté du 25 avril dernier.
Le document ajoutait : « en raison de l'actuelle couverture offerte, les coûts afférents au PFSI ont grimpé à 84,6 millions de dollars au cours de l'exercice 2010-2011. »
Le Dr Rubayita rétorque que « [les Canadiens] qui ne travaillent pas ou qui n'ont pas d'assurance auprès de leur employeur ou de fournisseur privé [bénéficient] de services sociaux ».
Le médecin soutient que lorsqu'un réfugié arrive au Canada, il « commence à zéro » et que l'appui du gouvernement doit être vu comme un investissement.
« Cette personne qui est malade ne sera pas capable d'aller à l'école. Cette personne qui est malade ne pourra pas se chercher du travail. Cette personne sera désespérée », a-t-il conclu.
Un autre médecin de Winnipeg a quant à lui soutenu « qu'il n'était pas éthique » pour lui de dire à un patient réfugié qu'il ne peut pas bénéficier d'un service de santé pour lequel il ne peut payer.
Le Dr Mike Dillon, qui travaille avec les réfugiés depuis 15 ans, fait écho aux préoccupations de son collègue, quant au chemin que doivent parcourir les demandeurs d'asile.
« Tout ce que nous voulons faire, c'est de prodiguer des soins qui permettront aux nouveaux arrivants de se remettre sur pied et de se sentir plus en santé, après des années dans des camps de réfugiés », a résumé le Dr Dillon.
Il y a plus d'un an, Citoyenneté et Immigration Canada a annoncé le remplacement de la compagnie d'assurance qui administre le PFSI, ce qui devait permettre le remboursement des pharmaciens dans un délai maximum de 21 jours.
L'Association québécoise des pharmaciens propriétaires conseillait alors à ses membres d'exiger le paiement séance tenante des médicaments qu'ils donnaient aux réfugiés, certains propriétaires se disant excédés de devoir attendre jusqu'à trois ans pour être remboursés par Ottawa.


