Québec propose plusieurs mesures pour aider le secteur forestier à sortir de l'impasse dans laquelle il est enfoncé depuis plusieurs années. Ainsi, les travailleurs sylvicoles de la Gaspésie pourront compter sur un financement pluriannuel de cinq ans pour mieux prévoir leur avenir.
Les entreprises forestières de la région pourront, elles, s'appuyer sur un nouveau fonds, le Fonds Valorisation Bois pour diversifier leurs activités et espérer échapper à la crise qui n'en finit plus de durer.
L'hébergement touristique devrait aussi profiter des mesures budgétaires annoncées mardi par le ministre des Finances, Raymond Bachand.
La création de Ressources Québec, qui prendra des participations dans les projets miniers mais aussi dans les projets d'exploitation d'hydrocarbures, devrait en outre favoriser une entreprise comme Pétrolia et ses projets gaspésiens.
Pour la première fois, Québec accepte d'assurer un financement garanti à long terme, cinq ans, aux travailleurs sylvicoles. Québec y investit 200 millions par année. Une telle mesure de prévisibilité était réclamée depuis longtemps. Les revenus provenant des redevances et des droits sur le bois coupé serviront à assumer ces dépenses visant à maintenir la capacité forestière de la forêt québécoise. Selon les chiffres gouvernementaux, ces investissements soutiendront 10 000 emplois par année en région.
Par ailleurs, le gouvernement, qui voit bien que les temps sont extrêmement durs pour les entreprises forestières, va investir 95 millions de dollars pour les pousser vers la 2e et 3 transformation. La capitalisation totale du fonds sera de 170 millions de dollars. Le Fonds de solidarité FTQ en sera partenaire. « Ce Fonds prendra des participations minoritaires dans des entreprisesdu secteur forestier à fort potentiel pour en favoriser la compétitivité », a déclaré le ministre.
De plus, près de 30 millions de dollars seront consacrés pour favoriser l'utilisation du bois dans la construction au Québec.
Le secteur du tourisme bénéficiera de plusieurs mesures nouvelles. Afin d'offrir un financement adapté aux entreprises saisonnières, Québec met en place un nouveau programme de prêts et de garanties de prêt.
La part du lion de ce programme de 85 millions sur cinq ans sera réservée aux entreprises à but lucratif. Il sera géré par Investissement Québec qui créera à cet effet une nouvelle division (IQ Tourisme) dédiée au tourisme.
Une autre mesure intéressante pour les acteurs du milieu touristique est un crédit d'impôt pouvant atteindre 175 000 $ pour la modernisation des établissements d'hébergement. Le crédit d'impôt s'appliquera à un taux de 25 % sur la partie des dépenses admissibles qui excède 50 000 $.
Pour y être admissible, les entreprises doivent posséder un actif d'au moins 400 000 $ et générer au moins 100 000 $.
Québec réagit notamment au rapport du Comité performance de l'industrie touristique qui faisait état dans son rapport du « vieillissement, voire la désuétude » de l'offre touristique au niveau de l'hébergement en région.
Le débat sur la taxe sur l'hébergement pourrait bientôt reprendre en Gaspésie. Dans son budget Québec offre la possibilité de majorer cette taxe prélevée par les Associations touristiques régionales (ATR) de 2 $ à 3 $ par nuitée. Les ATR des régions où s'applique déjà la taxe spécifique, dont la Gaspésie, devront présenter une nouvelle demande au gouvernement, si elles souhaitent se prévaloir de cette nouvelle option. Les revenus générés par cette taxe, déduction faite des coûts reliés à son administration, sont retournés aux régions participantes.
Québec veut obtenir sa juste part de l'exploitation de ses richesses naturelles. Évidemment, le gouvernement vise avant tout les investissements miniers liés au Plan Nord, mais son intérêt se porte également sur une éventuelle exploitation des hydrocarbures.
La nouvelle filiale d'Investissements Québec, Ressources Québec compte donc acquérir des participations dans les projets d'exploitation d'hydrocarbures.
Il ya quelques semaines, le président et chef de direction de Pétrolia, André Proulx déplorait le peu d'intérêt des institutions financières québécoises face aux perspectives d'une exploitation pétrolière et gazière en Gaspésie et sur l'île d'Anticosti. Il disait craindre la main mise des intérêts étrangers sur les bénéfices à venir.
Il semble bien que le gouvernement Charest ait entendu l'appel. Québec annonce la mise en place d'une politique de prise de participation dans des projets pétroliers et gaziers.
Ressources Québec devra mesurer la rentabilité des projets et suggérer des prises de participation au gouvernement pour les projets présentant un potentiel intéressant.
Les prises de participation se feront de gré à gré, précisent les documents budgétaires.
Évidemment, en devenant actionnaire d'une entreprise comme Pétrolia dans l'exploitation du gisement de Haldimand par exemple, l'État québécois risque de devoir absorber d'éventuelles pertes. C'est pourquoi le ministre Bachand a insisté sur la prudence qui s'impose pour ce type d'approche.
Le ministre a également présenté les principes qui guident la révision des régimes de redevances applicables aux hydrocarbures produits en milieu terrestre ou en milieu marin.
Les taux du nouveau régime visant le pétrole extrait en milieu terrestre varieront de 5 % à 40 % selon le volume de production et le prix du pétrole.
Les permis de recherche de pétrole et de gaz seront dorénavant mis aux enchères. « Ces régimes permettront aux Québécois de tirer un profit maximum sur la ressource, tout en favorisant le démarrage de l'industrie pétrolière au Québec », a affirmé le ministre.
Québec prévoit donner un petit coup de pouce au secteur de l'aquaculture commerciale. Une enveloppe de 6 millions sur trois ans est offerte pour appuyer la réorganisation des entreprises maricoles.
Les mesures destinées à améliorer la productivité des entreprises du secteur des pêches et assurer un équilibre durable entre la capacité de pêche et la disponibilité de la ressource, sont reconduites.
Un texte de Richard Lavoie


